La commune de Makala, dans le centre de Kinshasa, a de nouveau été le théâtre d’un drame sécuritaire. Un jeune homme identifié comme Étienne Mabiala a été abattu par balle dans la nuit du jeudi 23 au vendredi 24 juillet 2026, à son domicile situé dans le quartier Tampa. Ce meurtre relance les inquiétudes des habitants face à la recrudescence de l’insécurité dans cette municipalité.
Selon les informations communiquées par le bourgmestre de Makala, Ngudia Kabongo, les faits se sont produits entre 3 heures et 4 heures du matin sur l’avenue Makala, au numéro 15. D’après l’autorité communale, des individus non identifiés, vêtus de cagoules et de culottes, se sont introduits dans la parcelle avant d’ouvrir le feu sur la victime.
« La parcelle n’était pas clôturée. Les criminels se sont introduits dans la maison alors que l’épouse et l’enfant de la victime étaient sortis puiser de l’eau.
Une fois à l’intérieur, ils ont tiré sur le mari, identifié comme la personne recherchée, avant de prendre la fuite en direction de la commune de Bumbu », a expliqué le bourgmestre.
Les services de sécurité se sont rapidement rendus sur les lieux afin de procéder aux premières constatations et de recueillir les témoignages des proches et des voisins. Les autorités annoncent également l’implication de la Police scientifique dans les investigations destinées à identifier les auteurs de ce meurtre.
Dans le quartier Tampa, l’émotion reste vive après cet assassinat qui vient s’ajouter à une série d’incidents sécuritaires enregistrés ces dernières semaines. Plusieurs habitants interrogés dénoncent un climat d’insécurité grandissant et réclament des mesures concrètes pour protéger les civils.
Certains riverains vont jusqu’à mettre en cause des éléments des forces de sécurité, notamment des militaires, qu’ils accusent d’être impliqués dans plusieurs cas de violences signalés dans la commune.
« Avant, c’étaient les Kuluna qui terrorisaient Makala. Aujourd’hui, ce sont les FARDC qui tuent, et les autorités restent absentes », affirme une habitante du quartier.
Une autre riveraine déplore ce qu’elle considère comme une banalisation des violences contre les civils : « Les civils n’ont plus aucune valeur aux yeux des militaires à Makala.
On tue la population et nous appelons les autorités à s’impliquer pour mettre fin à cette situation. »
Ces accusations n’ont toutefois pas été confirmées officiellement par les autorités compétentes, les enquêtes étant encore en cours.
Selon les témoignages recueillis auprès des habitants, au moins quatre personnes auraient perdu la vie dans des circonstances similaires depuis le début du mois de juillet 2026 dans la commune de Makala. Parmi ces cas figure un meurtre survenu au quartier Malala, sur l’avenue Kingusi.
À ce sujet, le bourgmestre Ngudia Kabongo indique que le présumé auteur de ce crime a déjà été arrêté et transféré devant les juridictions compétentes pour répondre de ses actes.
Longtemps confrontée aux violences des gangs urbains communément appelés « Kuluna », la commune de Makala a vu ces dernières années le déploiement de plusieurs postes de police ainsi que le renforcement de la présence militaire.
Selon des informations locales, au moins cinq positions des FARDC seraient actuellement opérationnelles dans la commune.
Malgré ce dispositif, de nombreux habitants estiment que la situation sécuritaire demeure préoccupante. Des accusations récurrentes de bavures, d’exactions et d’abus imputés à certains éléments des forces de sécurité continuent d’alimenter la méfiance entre la population et les services chargés du maintien de l’ordre.
En attendant les conclusions de l’enquête ouverte après la mort d’Étienne Mabiala, les habitants de Makala appellent les autorités provinciales et nationales à prendre des mesures urgentes afin de restaurer la sécurité et la confiance dans cette commune de Kinshasa.
HERVÉ KABWATILA




























































