Le gouvernement congolais s’active à mettre pleinement en œuvre ses engagements pris dans le cadre de l’accord de paix de Washington, paraphé en décembre dernier avec le Rwanda.
Parmi les engagements phares figure la question, particulièrement sensible, de la neutralisation du mouvement rebelle rwandais FDLR, constitué des résidus d’anciens instigateurs du génocide de 1994 au Rwanda.
Intervenant lors d’un briefing de presse, mardi 28 juillet, le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni a présenté un bilan des actions entreprises par Kinshasa en vue de couper au Rwanda l’« alibi FDLR » justifiant les nombreuses incursions sur le territoire congolais.
Devant la presse, Floribert Anzuluni a affirmé que les FDLR ont accepté le programme de désarmement, de démobilisation et de cantonnement.
« Dans le cadre de ces engagements, le Rwanda s’est engagé, tout d’abord, à retirer ses troupes du territoire congolais. C’est ce qu’ils ont appelé la levée des mesures défensives, et la RDC s’est engagée à neutraliser les FDLR. Par neutralisation, nous entendons réduire ce que le Rwanda qualifie de menace que représenteraient les FDLR vis-à-vis du Rwanda. Aujourd’hui, nous sommes heureux de vous annoncer qu’il y a eu une évolution importante dans ce sens-là. Les FDLR, après un long processus, viennent de signer un protocole de militarisation, de mobilisation et de cantonnement », a-t-il annoncé.
Le ministre a également précisé que la RDC entendait poursuivre l’objectif de neutralisation à travers deux mécanismes: d’abord la sensibilisation, et, si celle-ci ne permettait pas d’atteindre l’objectif, le recours à la force, à travers un déploiement militaire.
« Alors, dans le cadre de ces accords de Washington et du Concept d’opérations (CONOPS), nous étions donc engagés à neutraliser : réduire, j’insiste réduire, ce qui est identifié comme une menace par le Rwanda. Neutraliser les FDLR par deux mécanismes : soit par la sensibilisation, et si la sensibilisation ne permettait pas d’atteindre cet objectif, par la force, c’est-à-dire par un déploiement militaire », a-t-il ajouté.
Poursuivant son intervention, Floribert Anzuluni a soutenu que cette avancée « arrache » à Kigali un argument sécuritaire servant à justifier les opérations militaires dans l’est du pays.
Le gouvernement congolais qualifie toutefois cet argument de manipulation destinée à masquer des enjeux réels, notamment le pillage des ressources naturelles enfouies dans les terres du Kivu.
« Je tiens également à ouvrir une parenthèse sur cette question de risque ou de danger des FDLR. Parce que la RDC, nous avons toujours soutenu et nous continuons à soutenir que cette question des FDLR est une manipulation du Rwanda. Il a utilisé et continue d’utiliser cette question pour cacher l’objectif qui est aujourd’hui connu : l’agression de son agresseur, liée au contrôle des ressources naturelles congolaises », a-t-il expliqué.
Pour étayer son argumentaire, le ministre a rappelé que des autorités rwandaises, notamment le diplomate Vincent Karega, ancien ambassadeur en RDC, ont affirmé que les capacités de nuisance des FDLR avaient nettement été réduites.
« Lorsque cette nouvelle agression ou cette guerre qui nous est imposée commence, il vous souviendra que le Rwanda a déclaré ne pas avoir d’hommes sur le territoire congolais. Un peu avant que cette guerre ne commence, il y avait l’ancien ambassadeur Karega qui avait également déclaré que la menace FDLR était quasiment nulle et que finalement, la RDC avait réussi à réduire cette menace. Il n’y avait donc plus de raison de considérer les FDLR comme une menace », a-t-il argumenté.
Qui plus est, le ministre de l’Intégration régionale a dénoncé une évolution de la position rwandaise qui niait toute implication, avant d’accepter après l’accumulation de preuves.
« Ainsi nous estimons en tant que gouvernement congolais, que cette question est manipulée », a-t-il conclu.
Cette mise à jour de la situation intervient alors que le Rwanda a refusé de retirer ses troupes malgré l’ultimatum de 15 juillet, fixé par les États Unis d’Amérique.
Mont Carmel NDEO




























































