Le paysage politique de la République démocratique du Congo traverse une accélération majeure. Moins de vingt-quatre heures après la décision historique de la Cour constitutionnelle, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/Tshisekedi) affûte méthodiquement ses armes. Le parti présidentiel vient de convoquer une réunion de haut niveau. qui reunira l’ensemble de ses mosaïques politiques, ses députés nationaux ainsi que ses sénateurs. L’objectif est de définir un cap stratégique face aux échéances imminentes.
Le séisme politique a trouvé sa source ce mardi 28 juillet 2026 dans les installations de la Haute Cour. Saisie pour un contrôle de constitutionnalité, la Cour constitutionnelle a déclaré conforme à la Loi fondamentale la proposition de loi portant modalités d’organisation du référendum. Bien que l’arrêt soit assorti de réserves d’interprétation sur treize articles distincts, cette décision sans appel donne juridiquement les coudées franches au pouvoir. Elle ouvre formellement la voie à une promulgation du texte par le chef de l’État, Félix Tshisekedi.
Cette validation lève les derniers verrous légaux autour d’une future consultation populaire. Pour l’opposition, ce texte représente un outil destiné à modifier la Constitution afin de permettre au président de briguer un nouveau mandat. De son côté, la majorité présidentielle argue d’une modernisation nécessaire des institutions publiques.
Face à la portée institutionnelle de cet arrêt, la direction de l’UDPS a immédiatement sonné le rappel des troupes. Cette réunion de crise et d’orientation ne se limite pas au cercle restreint du parti. Elle intègre l’ensemble des forces politiques alliées constituant ses « mosaïques », ainsi que ses parlementaires des deux chambres.
Pour le parti au pouvoir, l’enjeu est triple , Assurer une défense unie du texte face aux critiques acerbes de l’opposition, Commencer à structurer la mobilisation populaire à l’échelle nationale pour un futur scrutin, Éviter toute fêlure au sein de la majorité parlementaire au moment où le débat constitutionnel s’enflamme.
Cette démonstration de force de l’UDPS intervient alors que le pays se prépare à la tenue d’un Dialogue national inclusif. Récemment annoncé par le président Félix Tshisekedi après des consultations avec les confessions religieuses, ce forum vise à consolider la cohésion nationale dans un contexte de crise sécuritaire à l’Est.
Toutefois, la validation de la loi référendaire juste avant ces assises modifie profondément l’équilibre des forces. L’opposition, regroupée notamment au sein de la Coalition Article 64 (C-64), exigeait le retrait pur et simple du projet de loi avant toute discussion. L’arbitrage de la Cour constitutionnelle place désormais la majorité en position de force. Le pouvoir se présentera à la table des négociations avec un agenda institutionnel déjà validé par la justice.
En agissant rapidement, l’UDPS prouve qu’elle ne compte laisser aucun espace au doute ou à l’improvisation. Les conclusions de cette grande réunion des parlementaires et des mosaïques détermineront le rythme de la vie politique congolaise des prochains mois. Entre les préparatifs d’un dialogue national à la sincérité déjà contestée par ses détracteurs et la perspective d’une révision constitutionnelle par voie référendaire, le pouvoir de Kinshasa vient de lancer une offensive politique d’envergure.
JAMES KABWE




























































