La Coalition des 64 (C64) a-t-elle dévié de sa trajectoire initiale ? C’est la lecture critique qu’en fait Alain Bolodjwa, acteur politique congolais, qui pointe du doigt un glissement des priorités au sein de cette plateforme constitutionnelle. Selon lui, les agendas personnels de certains membres ont fini par fragiliser le combat collectif.
Une mission originelle détournée
À sa création, la C64 s’était fixée un cap clair et unique : faire bloc pour la défense de l’ordre constitutionnel en République Démocratique du Congo. Un objectif sacré pour ses initiateurs, censé transcender les clivages partisans.Pourtant, le constat dressé par Alain Bolodjwa est sans appel. Ce dernier estime que plusieurs figures de la coalition ont superposé leurs propres ambitions politiques à ce mandat initial. Ce télescopage d’intérêts a, selon son analyse, dilué la force de frappe de la plateforme, transformant un bouclier démocratique en un tremplin pour des positionnements individuels.
Le piège du « dialogue national »
L’autre point de friction majeur réside dans l’attitude de la coalition face aux appels pressants à un dialogue national. Pour Alain Bolodjwa, la mission de la C64 n’a jamais été de négocier un partage du pouvoir ou de participer à des forums de transition.
« L’unique objectif assigné était la défense de la Constitution, et non la quête d’un dialogue national », soutient-il en substance.
En se laissant séduire ou en ouvrant la porte à l’idée d’un dialogue, certains membres de la C64 auraient, selon cette perspective, confondu la préservation des textes républicains avec la négociation politique politicienne.
Quel avenir pour le front constitutionnel ?
Cette sortie d’Alain Bolodjwa remet au centre du débat la cohésion des forces de l’opposition et de la société civile en RDC. Alors que le pays traverse une période politique charnière, les divergences stratégiques au sein de la C64 illustrent la difficulté de maintenir un front uni face au pouvoir en place.
Pour les observateurs de la scène politique kinoise, ce rappel à l’ordre de Bolodjwa sonne comme un avertissement : sans une clarification rapide des intentions de chacun, la C64 risque de perdre sa crédibilité auprès d’une population congolaise de plus en plus exigeante quant à la sincérité de ses leaders.
JAMES KABWE




























































