C’est une voix ferme et empreinte de gravité qui s’est exprimée ce mercredi 23 septembre 2026 depuis la tribune des Nations Unies. À l’occasion des commémorations du 75ᵉ anniversaire de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, la Première Ministre de la République Démocratique du Congo (RDC), Judith Suminwa Tuluka, a solennellement réaffirmé l’engagement de son pays en faveur de la protection des populations déracinées, tout en interpellant la communauté internationale sur l’urgence d’une mobilisation financière et politique d’envergure.
Face aux dirigeants du monde entier, la Cheffe du Gouvernement a rappelé que la RDC se trouve au cœur d’une des crises de déplacement les plus complexes de la planète, subissant à la fois l’exil de ses propres citoyens et l’accueil de populations étrangères en détresse.
Les chiffres égrenés par la Première Ministre témoignent de l’ampleur du défi : plus d’un million de Congolais sont actuellement réfugiés dans les pays limitrophes, tandis que le territoire national compte près de 6 millions de déplacés internes, principalement fuis par les violences à l’Est du pays. Parallèlement, fidèle à ses traditions d’hospitalité, la RDC abrite sur son propre sol plus de 500 000 réfugiés venus des nations voisines.
Cette charge humanitaire colossale intervient dans un contexte sanitaire particulièrement critique, alors que le pays fait face à une recrudescence de l’épidémie d’Ebola. Judith Suminwa Tuluka a ainsi lancé un appel pressant pour l’octroi de moyens financiers et logistiques supplémentaires, indispensables pour endiguer la maladie au sein des camps et des communautés d’accueil.
Pour la Première Ministre, la gestion des crises humanitaires ne peut plus se limiter à une simple politique d’assistance d’urgence. Plaidant pour un changement de paradigme, elle a fortement insisté sur la nécessité d’implémenter une approche intégrée, fondée sur le nexus « humanitaire-développement-paix ».
Selon la Cheffe du Gouvernement, la réponse durable aux déplacements forcés ne se construira pas sans une action structurelle sur les causes profondes des conflits. Elle a appelé à un rétablissement rigoureux de la paix et au renforcement de la coopération multilatérale pour stabiliser la région. L’objectif affiché est clair : transformer l’aide d’urgence en leviers de développement économique, afin d’offrir aux millions de personnes affectées de réelles et durables perspectives d’avenir chez elles.
Alors que le multilatéralisme est régulièrement questionné sur son efficacité, la RDC rappelle, par cette intervention à New York, que la solidarité internationale n’est pas une option, mais un devoir de coresponsabilité face aux tragédies humaines.
La redaction




























































