Le ministère de la Justice et le Service national ont examiné, jeudi 24 septembre 2026 à Kinshasa, les modalités d’une coopération visant à renforcer la réinsertion socioprofessionnelle des personnes condamnées. Les échanges ont notamment porté sur le développement de la « prison-école », l’appui agricole aux établissements pénitentiaires et l’encadrement des bâtisseurs mobilisés par le Service national.
Le Ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, s’est entretenu jeudi avec le commandant du Service national, le général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, autour des possibilités de coopération entre les deux institutions.
Les discussions s’inscrivent dans le cadre de la réforme pénitentiaire engagée par les autorités et portent notamment sur la mise en place de mécanismes susceptibles de favoriser la formation et la réinsertion des personnes condamnées.
Parmi les pistes examinées figure le concept de « prison-école ». Cette approche vise à faire de la période d’exécution de la peine une occasion d’acquisition de compétences professionnelles, dans le respect du cadre légal, afin de faciliter la réinsertion et de contribuer à la prévention de la récidive.
Le ministre de la Justice a toutefois souligné que cette coopération ne devait entraîner ni un transfert des compétences relevant de l’autorité judiciaire vers une autre institution, ni la création, par voie administrative, d’un nouveau régime d’exécution des peines.
L’objectif est plutôt d’identifier les modalités juridiques permettant de développer des programmes d’éducation, de formation et de réinsertion au bénéfice des personnes détenues.Un examen juridique préalable devra ainsi déterminer les catégories de personnes susceptibles de participer à ces programmes, les conditions d’éligibilité, les autorités compétentes ainsi que les garanties nécessaires en matière de droits, de sécurité et de suivi.
Les autorités prévoient également d’examiner le parcours d’anciens détenus de la prison centrale de Makala qui ont déjà intégré le Service national. Cette évaluation devrait permettre de tirer des enseignements de ces expériences et d’identifier les conditions nécessaires à une éventuelle structuration du dispositif.
Les échanges ont également porté sur les capacités de production agricole et d’élevage du Service national et leur éventuel apport au fonctionnement des établissements pénitentiaires. Selon les informations communiquées lors de la rencontre, le Service national aurait produit environ 40 000 tonnes de maïs et disposerait de plus de 10 000 têtes de bétail. Il aurait également acquis une nouvelle ferme dans la province du Kongo Central.
La possibilité d’approvisionner les établissements pénitentiaires à partir de cette production devra toutefois faire l’objet d’une étude technique, financière et juridique. Celle-ci devra notamment prendre en compte les règles applicables à la gestion des deniers publics et à la commande publique, ainsi que les exigences relatives à la qualité et à la traçabilité des produits.
La situation des quelque 4 500 bâtisseurs mobilisés dans les opérations du Service national à Kinshasa a également été abordée au cours de la réunion. Les discussions ont porté notamment sur leur statut, leur encadrement et les mécanismes susceptibles d’assurer leur protection dans le cadre de leurs activités.
À l’issue de la rencontre, les deux institutions ont convenu de poursuivre les discussions au niveau technique. Une prochaine réunion devra permettre de préciser les modalités concrètes de la coopération et d’élaborer une feuille de route commune.
Ce document devrait notamment déterminer les objectifs du partenariat, les bénéficiaires visés, les responsabilités des différentes institutions, les mécanismes de suivi et d’évaluation ainsi que les conditions juridiques et financières de sa mise en œuvre. Toute formalisation d’un éventuel partenariat devra intervenir après cet examen technique, juridique et financier.
La démarche engagée entend ainsi concilier les objectifs de réinsertion socioprofessionnelle avec le respect des compétences de l’autorité judiciaire, des droits des personnes condamnées et des règles applicables à la gestion publique.
HERVÉ KABWATILA




























































