L’épidémie de maladie à virus Ebola continue de mettre à rude épreuve le système de santé en République démocratique du Congo (RDC). Selon le dernier rapport de situation du gouvernement congolais et de l’Institut national de santé publique (INSP), publié le 28 septembre et portant sur les données arrêtées au 27 septembre, 8 116 cas confirmés cumulés et 3 924 décès ont été enregistrés depuis le début de l’épidémie.Le taux de létalité s’établit à 48,3 %.
L’épidémie, provoquée par le virus Bundibugyo, touche désormais sept provinces : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé, le Bas-Uélé, la Tshopo et le Sud-Ubangi. Au total, 63 zones de santé sont concernées.
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait déjà signalé, dans son rapport arrêté au 20 septembre, l’extension de l’épidémie à 63 zones de santé, avec l’apparition de cas dans le territoire de Dungu, dans le Haut-Uélé.
La province de l’Ituri demeure l’épicentre de la flambée épidémique. 28 de ses 36 zones de santé sont affectées. La province concentre encore une part importante des cas enregistrés, même si la transmission s’est progressivement étendue à d’autres territoires.
Cette évolution géographique constitue un défi majeur pour les équipes de riposte, confrontées à des besoins importants en matière de surveillance épidémiologique, de prise en charge des malades, de vaccination et de prévention des infections. Des indicateurs qui offrent quelques signes d’amélioration
Malgré l’ampleur du bilan, certains indicateurs de la riposte apparaissent plus encourageants.
Selon le rapport cité par les autorités, aucune nouvelle zone de santé n’a été touchée au cours des dernières 24 heures.La prise en charge des patients permet également d’enregistrer de nouvelles guérisons.Dix-huit personnes supplémentaires ont été déclarées guéries, portant le nombre cumulé de guérisons à 2 088.
La vaccination se poursuit par ailleurs dans plusieurs zones affectées ou exposées. Dans la Tshopo, 4 953 personnes en première ligne avaient notamment reçu le vaccin selon les données communiquées dans le cadre de la riposte.Des données antérieures de suivi faisaient déjà état de 4 953 personnes vaccinées dans cette province au 26 septembre.
La surveillance des personnes ayant été en contact avec des cas constitue toutefois l’un des principaux défis. Le taux de suivi rapporté s’établit à 75,9 %, laissant une proportion importante de contacts sans suivi documenté.
Parallèlement, 817 patients restent en isolement ou hospitalisés, ce qui témoigne de la pression persistante exercée sur les structures de prise en charge.
Les données disponibles montrent néanmoins une évolution récente moins rapide de certains indicateurs.Au 26 septembre, par exemple, le suivi indépendant du bulletin de l’INSP faisait état de 8 067 cas confirmés, 3 901 décès et 2 070 guérisons, avec 63 zones de santé touchées.
Déclarée en mai 2026, cette nouvelle flambée constitue la 17e épidémie d’Ebola enregistrée en RDC depuis l’identification du virus dans le pays en 1976. L’OMS rappelle que l’épidémie actuelle est liée au virus Bundibugyo et qu’elle évolue dans un contexte marqué notamment par les déplacements de populations et l’insécurité dans certaines zones.
Face à cette situation, les autorités congolaises et leurs partenaires ont renforcé le dispositif de riposte. Un plan multisectoriel révisé de 180 jours a notamment été lancé début septembre afin d’intensifier la surveillance, la prise en charge et les actions destinées à interrompre la transmission.
Avec plus de 8 100 cas confirmés et près de 3 925 décès selon le bilan arrêté au 27 septembre, l’épidémie demeure donc un enjeu sanitaire majeur.
La stabilisation du nombre de zones affectées constitue un signal à surveiller, mais la persistance de nouveaux cas et le niveau encore insuffisant du suivi des contacts montrent que la riposte reste nécessaire dans les sept provinces concernées.
HERVÉ KABWATILA



























































