C’est une opération coup de poing qui fera date. Les « Bâtisseurs » du Service National, sous la direction du Lieutenant-Général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, ont déployé leurs engins lourds pour raser intégralement le marché pirate « Wenze ya ba essuie-mains ». Ce lieu mythique, qui enjambait la frontière entre les communes de Lingwala et de Kinshasa, n’est plus qu’un souvenir enfoui sous les gravats.
Pendant des décennies, ce marché à ciel ouvert a ravitaillé des milliers de ménages des environs. Mais son extension anarchique sur la chaussée, l’engorgement des caniveaux et l’insalubrité chronique en avaient fait un point noir majeur sur la carte de la capitale. En application stricte de la vision présidentielle de restauration de la salubrité publique, la Task Force a tranché dans le vif, libérant l’espace public dans un élan de fermeté qui laisse les vendeurs sous le choc.
La destruction totale du marché pose un défi immédiat d’aménagement urbain. L’époque où les espaces dégagés étaient réoccupés illégalement quelques semaines plus tard semble révolue. Selon des sources proches de l’Hôtel de Ville et de la Task Force du Service National, la réhabilitation de ce site stratégique s’orientera vers deux grands axes :
Le premier objectif consiste à élargir les voies de circulation étouffées par le marché, à reconstruire des trottoirs modernes pour les piétons, et à curer définitivement les collecteurs d’eaux usées pour éradiquer les inondations récurrentes dans cette zone frontalière de Lingwala. deuxiement, À l’instar d’autres grandes artères de la capitale libérées par les Bâtisseurs, le site pourrait accueillir des espaces verts ou des couloirs de circulation fluides. Pour répondre à la détresse des vendeuses privées de leur gagne-pain, l’érection d’un marché moderne couvert, répondant aux normes d’hygiène et de sécurité, est fortement réclamée par les autorités communales pour relocaliser les commerçants de manière digne.
Sur le terrain, les réactions sont vives et contrastées. Si de nombreux riverains saluent le retour à l’ordre, la propreté retrouvée et la fluidité naissante du trafic routier, le désespoir est palpable chez les anciens occupants. « C’est ici que nous trouvions de quoi nourrir nos familles. Nous ne refusons pas la beauté de la ville, mais où allons-nous aller maintenant ? », s’inquiète une mère de famille, ancienne vendeuse du Wenze.
La Task Force présidentielle, qui a déjà curé une immense majorité des caniveaux ciblés à travers Kinshasa au cours des derniers mois, maintient son cap : l’anarchie urbaine ne sera plus tolérée. Le Service National promet que des solutions durables d’encadrement seront étudiées, mais le signal envoyé est clair : Kinshasa entame sa métamorphose, et le vieux « Wenze ya ba essuie-mains » en est le premier grand sacrifice symbolique.
JAMES KABWE




























































