La République démocratique du Congo entend renforcer la connexion de ses différents corridors de transport afin d’accélérer le désenclavement du pays. Le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a présenté cette interconnexion comme un levier majeur du développement des infrastructures nationales, lors d’un échange tenu mardi à Lusaka avec une délégation de l’Union européenne.
Ces discussions se sont déroulées en marge de la deuxième réunion de coordination du Corridor de Lobito, organisée dans la capitale zambienne.
Le ministre congolais s’est entretenu avec une délégation de l’Union européenne conduite par Laurent Sillano, chef de l’unité régionale et des programmes pays pour l’Afrique.
Selon John Banza Lunda, le désenclavement de la RDC ne peut toutefois pas reposer uniquement sur le réseau routier. Le développement des voies fluviales, notamment sur le fleuve Congo, doit également être intégré à la stratégie nationale de connexion des territoires.
« Au-delà des routes, les voies fluviales doivent être modernisées, le fleuve Congo peut alimenter les corridors, il faut des études pour le dragage, le balisage et la construction des ports », a déclaré le ministre.
Il a également insisté sur la nécessité d’assurer une meilleure articulation entre les différents corridors régionaux.
« Il est capital que Lobito rencontre le corridor central », a-t-il souligné, estimant que cette connexion doit s’inscrire dans un ensemble de systèmes interconnectés.
Le ministre a notamment évoqué un programme de 22.800 kilomètres de désenclavement et de connexion, à mettre en perspective avec les 135.800 kilomètres constituant le réseau actuel, selon les données communiquées lors de ces échanges.
Cette volonté de développer les infrastructures de transport intervient alors que les autorités congolaises ont annoncé de nouvelles mesures de sécurité sur les voies navigables, à la suite de récents naufrages enregistrés notamment à Lukolela, dans la province de l’Équateur, et à Nganda Musolo, dans l’est de Kinshasa.
Dans un communiqué relayé par l’Agence congolaise de presse (ACP), le ministère des Transports, Voies de communication et Désenclavement a rappelé plusieurs mesures destinées à prévenir de nouveaux accidents.
Parmi les dispositions annoncées figure le port obligatoire du gilet de sauvetage par tous les passagers et membres d’équipage.
« Le Ministère des Transports, voies de communication et désenclavement informe l’opinion publique des récents incidents survenus sur le fleuve Congo », indique le communiqué, qui rappelle fermement l’obligation du port du gilet de sauvetage.
Le renforcement de la sécurité apparaît ainsi comme un enjeu majeur au moment où la RDC cherche à accroître le rôle du transport fluvial dans son système de désenclavement. La modernisation des voies navigables, combinée au développement des infrastructures routières et portuaires, pourrait contribuer à améliorer la circulation des personnes et des marchandises entre les différentes régions du pays et avec les corridors régionaux.
Pour Kinshasa, l’enjeu consiste désormais à assurer la complémentarité entre ces différents modes de transport afin de faire de l’interconnexion des corridors un véritable outil d’intégration économique et territoriale.
HERVÉ KABWATILA




























































