Le vice-Premier ministre chargé des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba, a annoncé la disponibilité de 490 bus dans le cadre du programme « Esprit de vie ». Leur mise en circulation est prévue avant 2026, selon ses déclarations au Sénat.Cette initiative intervient dans un contexte marqué par les difficultés de mobilité à Kinshasa et la forte dépendance des usagers aux transporteurs privés.
Le gouvernement congolais prévoit de renforcer l’offre de transport public à Kinshasa et à Matadi grâce à une dotation de 490 bus dans le cadre du programme « Esprit de vie ».L’annonce a été faite samedi 17 octobre au Sénat par le vice-Premier ministre chargé des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba, qui répondait à une question d’actualité portant notamment sur la récurrence des accidents de circulation en République démocratique du Congo (RDC).
« Dans le but d’améliorer la mobilité dans la ville de Kinshasa, le programme d’Esprit de vie a bénéficié d’une dotation de 490 bus déjà disponibles à Kinshasa et à Matadi, et dont la mise en circulation est prévue avant l’année 2026 », a-t-il déclaré.
Cette annonce intervient alors que les déplacements quotidiens restent difficiles dans la capitale congolaise, où l’offre de transport public peine à répondre à la demande croissante des habitants.
À Kinshasa, les transporteurs privés occupent une place prépondérante dans le secteur de la mobilité urbaine. Faute d’une offre publique suffisante, une grande partie de la population dépend de ces opérateurs pour ses déplacements quotidiens.
Cette situation s’accompagne de pratiques régulièrement dénoncées par les usagers, notamment les hausses de tarifs, les interruptions de trajets avant le terminus, communément appelées « demi-terrain », ainsi que diverses irrégularités dans la desserte des lignes.
Ces difficultés alimentent régulièrement les mécontentements, relayés notamment sur les réseaux sociaux. Les tentatives des autorités visant à faire respecter la réglementation peuvent également provoquer des tensions avec les associations de chauffeurs, qui menacent parfois de recourir à la grève.
En cas de paralysie du transport privé, les possibilités de déplacement des habitants demeurent limitées, en raison notamment de l’insuffisance des moyens de transport public disponibles.
Créée en 2013, la société publique de transport Transco peine, de son côté, à couvrir l’ensemble des besoins de mobilité des habitants de Kinshasa. Le nombre limité de bus opérationnels, la couverture restreinte de certaines lignes et l’état de vétusté de certains véhicules réduisent sa capacité à assurer une desserte régulière et efficace de la capitale.Dans ce contexte, la mise en circulation des 490 bus annoncés pourrait contribuer au renforcement de l’offre publique et à la diversification des moyens de déplacement accessibles aux usagers.
Au-delà du renforcement du transport collectif, le gouvernement envisage également des infrastructures destinées à améliorer la circulation sur les principaux axes de la capitale, particulièrement entre le centre-ville et l’aéroport international de N’Djili.
Devant les sénateurs, Jean-Pierre Bemba a ainsi évoqué le projet « Transit rapide aéroport-Kinshasa » (TRAK), présenté au Conseil des ministres le 3 octobre 2025 et approuvé, selon ses déclarations. Cette initiative vise à fluidifier le trafic sur l’axe reliant le centre-ville à l’aéroport international de N’Djili, principalement desservi par le boulevard Lumumba.
« J’ai initié et présenté au Conseil des ministres, le 3 octobre 2025, le projet Transit rapide aéroport-Kinshasa, TRAK, destiné à fluidifier le trafic sur l’axe reliant le centre-ville de Kinshasa à l’aéroport international de N’Djili. Les travaux devraient débuter l’année prochaine, au mois de janvier », a-t-il indiqué.
Présenté par le vice-Premier ministre comme une « transformation majeure », le projet prévoit notamment la construction de 18 ponts surélevés, de deux trémies de tunnel et de 40 passages piétons, ainsi que la réalisation d’aménagements connexes.
Malgré les ambitions affichées, le projet TRAK se trouve encore, selon Jean-Pierre Bemba, à l’étape des études détaillées et de la structuration financière. Le gouvernement poursuit les démarches visant à mobiliser les ressources nécessaires à la réalisation des travaux, notamment auprès de partenaires privés.
« Les démarches sont activement engagées auprès des partenaires privés pour le déblocage des financements effectifs des travaux », a-t-il précisé devant les sénateurs.
À Kinshasa, les embouteillages chroniques constituent depuis plusieurs années un problème majeur pour les habitants et les activités économiques. Les longues heures passées dans les transports contribuent à la fatigue des usagers, aux retards au travail et à la baisse de productivité, avec des conséquences sur le fonctionnement de l’économie urbaine.
L’annonce des 490 bus et les perspectives liées au projet TRAK traduisent la volonté affichée du gouvernement de répondre à ces difficultés par une combinaison de mesures portant sur le transport collectif et les infrastructures routières.
HERVÉ KABWATILA




























































