Dans un contexte de tensions persistantes marquées par l’activisme de groupes armés locaux et étrangers, ainsi que par la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23), soutenu par le Rwanda, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) révèle une aggravation de la situation sécuritaire pour les travailleurs humanitaires en République démocratique du Congo (RDC). Selon son bulletin mensuel de décembre 2025, consulté par la rédaction de Foxtime.cd ce vendredi, 09 janvier 2026, 48 incidents ont été recensés dans l’Est du pays, contre 39 le mois précédent, soulignant une dégradation opérationnelle préoccupante.
Le rapport d’OCHA détaille une répartition géographique alarmante : sur les 48 incidents enregistrés en décembre, 24 (soit 50 %) ont eu lieu au Sud-Kivu, 12 (25 %) au Nord-Kivu, 6 (13 %) en Ituri, et 3 chacun au Tanganyika et au Maniema (6 % chacun). Cette augmentation, particulièrement marquée au Sud-Kivu, reflète un environnement de plus en plus hostile pour les acteurs humanitaires, qui peinent à mener leurs missions d’aide dans une région déchirée par des conflits armés depuis des décennies.
« Cette augmentation témoigne d’une nouvelle dégradation du contexte opérationnel, notamment au Sud-Kivu, en cette fin d’année », indique le bulletin d’OCHA. Depuis le début de l’année 2025, le bilan national s’élève à 626 incidents affectant les travailleurs humanitaires. Le Nord-Kivu reste la province la plus touchée avec 290 cas (46 %), suivi du Sud-Kivu (177 incidents, 28 %), de l’Ituri (89, 14 %), du Tanganyika (48, 8 %) et du Maniema (22, 4 %).
« La typologie des incidents en décembre est restée similaire à celle des mois précédents. Les cambriolages, vols et intrusions ont représenté 36 % des incidents, les entraves et restrictions de circulation 34 %, et les actes d’intimidation, menaces ou agressions physiques 27 %, témoignant d’une pression constante sur les opérations humanitaires », précise OCHA.
L’Est de la RDC, riche en ressources naturelles mais instable, est le théâtre d’affrontements impliquant des milices locales, des groupes armés étrangers et la rébellion du M23, accusée d’être appuyée militairement par le Rwanda voisin. Ces violences entravent non seulement les opérations humanitaires, mais aussi l’accès à l’aide pour des millions de civils déplacés ou vulnérables. Les incidents rapportés incluent des attaques directes, des enlèvements, des pillages et des restrictions d’accès, selon les données d’OCHA, qui appelle à une protection accrue des humanitaires sur le terrain.
Les organisations internationales, comme l’ONU, soulignent que cette tendance à la hausse pourrait compromettre les efforts de secours dans une région où la crise humanitaire s’aggrave, avec des besoins croissants en nourriture, en soins médicaux et en protection des populations civiles.
Appel à l’Action Internationale
Face à ces chiffres préoccupants, OCHA insiste sur la nécessité d’une coordination renforcée entre les acteurs humanitaires, les autorités congolaises et la communauté internationale pour garantir la sécurité des intervenants. « La protection des travailleurs humanitaires est essentielle pour atteindre les populations les plus vulnérables », rappelle le bureau onusien, en plaidant pour des mesures concrètes, telles que des escortes sécurisées et des dialogues avec les parties au conflit.
HERVÉ KABWATILA































































