En République Démocratique du Congo, l’actualité politique est dominée par les tractations angolaises autour d’un potentiel dialogue intercongolais visant à résoudre la crise sécuritaire dans l’est du pays, qui ne cesse de se détériorer malgré de multiples initiatives de paix.
Après s’être retiré de la médiation dans le conflit qui oppose la RDC au Rwanda en mars 2025, l’Angola, qui occupe la présidence de l’Union Africaine, consulte actuellement les différentes strates de la société, y compris l’opposition politique et militaire, représentée par le groupe rebelle AFC-M23, qui contrôle d’importantes villes telles que Goma, Bukavu et Uvira.
Dans le cadre de ces pourparlers, la présidence angolaise a annoncé l’arrivée imminente, au cours de cette semaine, d’une équipe d’émissaires à Kinshasa.
D’après des sources fiables, cette délégation se penchera sur les échanges avec plusieurs figures de la classe politique présentes dans la capitale, ainsi qu’avec des représentants de la société civile.
« L’objectif de ces consultations est de contribuer à la définition des grandes orientations du dialogue lancé à l’initiative du président Félix Tshisekedi », rapportent ces sources.
Parallèlement, les évêques catholiques (CENCO) ainsi que les représentants de l’Eglise du Christ au Congo (ECC) sont attendus ce mercredi à Luanda pour des discussions « informelles ».
Ces discussions, précisent les mêmes sources, n’ont pour l’instant aucun caractère formel ; il s’agit plutôt de premières prises de contact et de consultations préliminaires destinées à évaluer la possibilité d’un cadre de dialogue inclusif.
Le tandem CENCO-ECC avait déjà été reçu en mars 2025 par le Président angolais João Lourenço pour présenter et obtenir le soutien pour leur initiative de paix « Pacte Social pour la Paix et le Bien-Vivre Ensemble en RDC et dans les Grands Lacs ».
Cette une initiative vise à chercher une solution politique durable aux conflits en RDC de concert avec les processus de Luanda et Nairobi.
Par ailleurs, l’AFC-M23, l’un des principaux acteurs de la crise, a déjà reçu son invitation dans le cadre de cette démarche.
En réponse, ce mouvement rebelle dirigé par Corneille Nangaa a accusé le gouvernement congolais de tergiversations et de manipulations.
« Engagées initialement à Nairobi, les discussions ont été déplacées vers Luanda sans concertation formelle préalable avec la partie kenyane, alors même que le processus était en cours. De façon similaire, alors que les échanges se poursuivaient à Luanda, un déplacement du cadre de négociations vers Doha a eu lieu sans information préalable ni coordination avec les autorités angolaises. Par ailleurs, concernant le processus de Doha, le président Félix Tshisekedi a formulé une demande distincte de médiation américaine, introduisant ainsi un canal supplémentaire qui n’a pas été formellement intégré dans le dispositif existant », a dénoncé la rébellion.
L’AFC-M23 a exigé de Luanda, une clarification afin de garantir cohérence et efficacité dans la perspective d’une paix durable et d’une stabilité régionale.
Mont Carmel NDEO































































