La destruction des infrastructures sanitaires et la pénurie de médicaments dans plusieurs zones de santé du Sud-Kivu compromettent sérieusement le respect du calendrier vaccinal de routine des enfants, en pleine période d’intensification des conflits armés dans la province.
Cette mise en garde a été lancée par le Dr Claude Bahizire, chargé de communication à la Division Provinciale de la Santé (DPS) Sud-Kivu, lors d’une interview accordée le jeudi 15 janvier 2026 au journal en ligne Foxtimes.cd.
Selon ce responsable sanitaire, les affrontements armés ont entraîné la destruction de nombreux centres de santé, occasionnant non seulement la perte de certains agents de santé, mais aussi une pénurie persistante de médicaments et de vaccins dans plusieurs zones de santé. Cette situation rend difficile, voire impossible, la vaccination régulière des enfants, malgré la volonté des parents.
« Les parents aiment bien la vaccination et beaucoup d’entre eux amènent les enfants pour la vaccination de routine. Mais, il arrive des moments où les parents sont un peu fatigués parce que de fois le vaccin n’est pas présent dans le site de vaccination », regrette-t-il.
Tout en reconnaissant ces difficultés, le docteur Claude Bahizire appelle les parents à continuer, dans la mesure du possible, à respecter le calendrier vaccinal de routine. Il insiste également sur le rôle crucial des relais communautaires, des infirmiers et des médecins dans la sensibilisation des familles, afin de réduire les réticences liées à la vaccination.
« Si tous les intervenants du secteur de la santé jouaient pleinement leur rôle de sensibilisateurs, il y aurait moins de refus de la part des parents », a-t-il souligné.
Les enfants déplacés, premières victimes
La situation est particulièrement préoccupante dans les zones accueillant des familles déplacées. En territoire de Kabare, plusieurs enfants vivant dans des sites de refuge ne reçoivent pas les vaccins de routine et restent exposés aux maladies évitables durant leur croissance.
Selon Delphin Muhane, infirmier titulaire du centre de santé de Mulungu-Inera, dans la zone de santé de Miti-Murhesa, les services de vaccination sont pourtant disponibles. Il déplore cependant l’éloignement des sites de refuge par rapport aux structures sanitaires, ce qui empêche de nombreux parents d’y amener leurs enfants.
« Souvent il y a rupture de quelques vaccins, surtout les BCG. Toutefois, nos relais communautaires font des sensibilisations, de VAD, porte à porte, afin de respect le calendrier vaccinal », souligne-t-il.
Il évoque également un manque de volonté de certains parents, ainsi que des retards occasionnels dans l’acheminement des vaccins, dus à des contraintes logistiques.
La vaccination, un pilier de la survie infantile
De son côté, l’infirmier Arsène Kamalebo, basé dans la cité de Kamanyola dans le territoire de Walungu, rappelle l’importance vitale de la vaccination de routine pour les enfants. Ce professionnel de santé affirme que la vaccination renforce le système immunitaire et réduit significativement le taux de mortalité infantile.
Il explique que les vaccins protègent efficacement les enfants contre plusieurs maladies graves et potentiellement mortelles, notamment la rougeole, la poliomyélite et d’autres infections dangereuses.
Il plaide pour la disponibilité des vaccins afin de bénéficier aux enfants d’une meilleure protection sanitaire, contribuant ainsi au renforcement de la santé publique.
Face à cette situation, les acteurs sanitaires appellent à un renforcement des mécanismes de sensibilisation communautaire et à un meilleur accès des populations déplacées aux services de santé, afin de préserver la vie et l’avenir des enfants du Sud-Kivu.






























































