En 2025, la République démocratique du Congo a franchi un seuil critique avec plus de 82 000 cas suspectés de rougeole. Entre insécurité chronique, effondrement des financements et défis logistiques extrêmes, le pays peine à protéger ses enfants contre une maladie pourtant évitable.
Un bilan humain alarmant
L’année 2025 restera marquée par une résurgence violente de la rougeole en RDC. Les chiffres communiqués par les autorités sanitaires sont sans appel : 82 869 cas suspects et 1 175 décès. L’épidémie n’épargne presque aucune province, s’ajoutant à un tableau sanitaire déjà sombre où coexistent le mpox et le choléra.
Face à cette urgence, Médecins Sans Frontières (MSF) a multiplié les interventions. Entre janvier et décembre 2025, les équipes ont mené 22 opérations de riposte, permettant de vacciner plus de 1,1 million d’enfants et de prendre en charge près de 21 000 patients.
« La rougeole a emporté la vie de nombreux enfants. Ici, la situation était extrêmement grave », témoigne Bokolo Bayibongo, chef du village de Bolingo (Sud-Ubangi).
Les racines d’une persistance mortelle
Plusieurs facteurs paralysent la riposte dont le manque de ressources étatiques fragilise la surveillance épidémiologique et la vaccination de routine.
Aussi le défi du « dernier kilomètre » : Entre forêts denses et absence de routes, de nombreuses communautés ne sont accessibles qu’à pied ou en pirogue. Le maintien de la chaîne du froid pour les vaccins y est un défi quotidien.
Le désengagement humanitaire : En 2025, seulement 20 % du plan de réponse humanitaire a été financé. « La réduction des financements laisse des milliers d’enfants sans protection », avertit le Dr Jean Gilbert Ndong, coordinateur médical de MSF.
Il y a aussi des barrières culturelles ou la désinformation et certaines croyances religieuses freinent encore l’adhésion vaccinale dans plusieurs zones fait savoir Msf.
Dans ce document parvenu à votre media Foxtime.cd ,Msf souligne que dans l’est de la RDC, le conflit armé (notamment les affrontements impliquant l’alliance AFC/M23) aggrave dramatiquement la situation. Les déplacements massifs de population créent des foyers de transmission idéaux dans les camps de déplacés, où la promiscuité est totale.
L’insécurité rend également l’acheminement des médicaments périlleux et coûteux. Avec les restrictions aéroportuaires à Goma et Bukavu, le fret doit emprunter des routes plus longues : les coûts de transport ont été multipliés par quatre, et des livraisons qui prenaient quelques jours nécessitent désormais plus d’un mois.
Un espoir dans la prévention combinée
Malgré ce tableau sombre, une étape importante a été franchie avec l’introduction du vaccin combiné rougeole-rubéole (RR) dans le programme national. Les interventions de MSF ne se limitent plus à la piqûre : elles incluent désormais le traitement de la malnutrition, la supplémentation en vitamine A et le déparasitage, offrant une protection plus globale à l’enfant.
Pour des parents comme Mathieu, dont le fils a été sauvé au Sud-Ubangi, la gratuité des soins et le soutien logistique des humanitaires restent le seul rempart contre la fatalité.
L’urgence reste entière en ce début d’année 2026 : sans un réengagement financier massif des partenaires internationaux et une stabilisation de la sécurité, le virus continuera de gagner du terrain sur la vie des enfants congolais.































































