Dans un contexte sécuritaire instable en province du Sud-Kivu, en particulier à Uvira, les acteurs de la société civile et les organisations humanitaires appellent à la mise en place d’un mécanisme garantissant l’acheminement de l’aide vers les zones les plus nécessiteuses.
Les acteurs humanitaires engagés dans des projets à Uvira rencontrent divers défis qui limitent leur capacité à répondre éfficamement aux besoins des populations. Selon Babuti Mwito Marcel, responsable de la sécurité et de l’accès humanitaire pour l’organisation AFPDE, les conditions actuelles compliquent les déplacements des équipes humanitaires dans certaines zones d’interventions « Les combats entre les belligérants dans les provinces du Sud-Kivu et du Nord-Kivu compliquent le déplacement des humanitaires vers les zones touchées par ces affrontements, où l’exode des populations civiles et les besoins humains restent énormes », explique-t-il. Il souligne aussi les difficultés d’accès liées aux infrastructures routières, qui entravent l’acheminement de l’aide malgré les efforts des travailleurs humanitaires.
De son côté, Augustin Titi, coordinateur de l’organisation CEDIER, indique que la majeure partie de l’aide destinée à Uvira provient presque exclusivement de Bukavu, et qu’une certaine forme de restriction empêche certains humanitaires de rejoindre les zones en besoin. « Le territoire d’Uvira dépendait à 80% des aides en provenance de Bukavu, et des blocages empêchent l’acheminement de l’aide », affirme-t-il.
Face à cette situation, la société civile demande une coopération renforcée avec les communautés locales afin d’améliorer l’accès à l’aide humanitaire et de veiller à ce que celle-ci réponde réellement aux besoins exprimés. Sudi Yaudi, coordinateur de l’organisation Amkeni Mama Kijijini, propose notamment d’impliquer les communautés locales dans les critères de sélection et d’informer les bénéficiaires sur la nature, la quantité et la période de distribution de l’aide, en collaboration avec les comités mixtes, les bénéficiaires, les acteurs humanitaires et les autorités locales. « Les communautés doivent s’approprier ce qui est donné et comprendre quand et combien d’aide leur est destinée », affirme-t-il.
Enfin, la société civile appelle à intensifier les plaidoyers par tous les canaux disponibles : émissions radio, mémorandums, projets et dépliants pour ne citer que ça, afin de sensibiliser et de répondre efficacement aux problèmes connus de tous.
La Rédaction































































