Washington s’est transformé ce mercredi 04 février en capitale des enjeux miniers mondiaux avec un sommet sur le minerais critiques, réunissant plus de 50 pays, dont la République Démocratique du Congo, pour contrer l’influence chinoise, sous l’égide du secrétaire d’État Marco Rubio pour une bataille géopolitique, et sécuriser l’accès américain aux minerais critiques du continent.
Face à la demande de métaux pour la transition énergétique, les États-Unis lancent un fonds de 12 milliards de dollars, plaçant la RDC et la Guinée Conakry comme partenaires stratégiques. Avec un outil appelé « Project Vault » ou « projet coffre-fort » ayant pour objectif de constituer un stock de terres rares et de métaux critiques après la crise des terres rares et les menaces de fermeture du robinet chinois connu récemment.
La RDC est incontournable avec son sous-sol extrêmement riche. Avec plus de 70 % du cobalt mondial, 40 % de coltan, 11 % de cuivre, et une immense réserve de lithium récemment découverte, le Congo est au cœur des discussions. Kinshasa négocie des partenariats pour la transformation locale et des investissements dans les infrastructures, notamment via un accord « minerais contre sécurité ».
Après la cession par le géant Glencore de ses parts dans ses actifs en RDC a hauteur de 40% au consortium américain Orion Critical Mineral Consortium (Orion CMC) pour un montant estimé à 9 milliards de dollars. Le Groupe Chemical of Africa (CHEMAF) a été racheté aussi par les Américains. Ce qui constitue un tournant majeur dans le secteur minier congolais après le récent accord de minerais stratégiques signé entre la RDC et les USA.
À noter que, le gisement de cuivre et de cobalt situé dans le sud-est du pays, dans le Haut-Katanga de la société CHEMAF, avait été d’abord proposé à des investisseurs chinois avant l’intervention de Kinshasa. Ce partenariat, qui n’est pas encore acté, sera un test-clé de la relation entre les États-Unis et la RDC.
Autre pays dans le viseur de la Maison-Blanche, la Guinée-Conakry, riche en fer, mais aussi en bauxite. Cet or rouge représente 25 % des réserves mondiales, soit plus de 40 milliards de tonnes. Récemment, une délégation américaine s’est aussi rendue sur le site de Conkwenni, dans le sud-est, pour la production de fer, qui reste encore en Guinée assez limitée.
Mais ce fer est réputé pour sa très haute qualité. Il y en a sur tout le territoire, et particulièrement à Simandou. Ces réserves sont estimées à 20 milliards de tonnes. Le sous-sol de la Guinée est encore largement inexploité.
Par ailleurs, Le Kenya, présente aussi un intérêt stratégique avec un gisement de terres rares d’une valeur estimée à plusieurs dizaines de milliards de dollars dans ses collines Amrimar, au sud-est du pays sur une zone forestière de 4 km². Une zone convoitée par les USA, l’Australie ainsi que la Chine.
Il y a lieu de dire que, les États-Unis importent jusqu’à 80% de terres rares, 75% de son cobalt, autant pour la bauxite, 45% pour le cuivre. Alors que, sur ce terrain des minerais, la domination de la Chine est incontestable. Elle domine les chaînes de valeur mondiales, tant en amont pour les approvisionnements qu’en aval pour le raffinage. D’où la nécessité de briser l’hégémonie de Pékin en proposant des partenariats basés sur l’investissement privé et la transparence afin de sécuriser les approvisionnements en cobalt, cuivre et terres rares, indispensables à la transition technologique et militaire.
JAMES KABWE































































