Lancée lundi 26 janvier par le gouvernement provincial de Kinshasa, l’opération de contrôle routier strict continue de susciter de vives réactions au sein de l’opinion publique. Conditionnant la circulation des véhicules à la présentation de documents administratifs en règle, cette mesure est jugée par certains citoyens comme inopportune et mal adaptée au contexte urbain actuel.
Depuis le début de cette opération, les automobilistes sont tenus de présenter plusieurs documents obligatoires, notamment le permis de conduire, l’assurance, la vignette et le certificat de contrôle technique. Si les autorités provinciales justifient cette initiative par la nécessité de renforcer l’ordre et la sécurité routière, de nombreux Congolais dénoncent une mise en œuvre précipitée, dans une ville déjà confrontée à de multiples défis structurels.
Au cœur des critiques figurent la difficulté d’accéder aux services de paiement des taxes exigées. Plusieurs contribuables affirment rencontrer d’énormes obstacles pour s’acquitter de leurs obligations, faute d’une organisation adéquate des institutions financières impliquées dans le processus.
Interrogé par la rédaction de Foxtime.cd ce jeudi 05 février 2026, un contribuable congolais pointe du doigt la responsabilité de l’Hôtel de ville de Kinshasa et de la Direction générale des recettes de Kinshasa (DGRK).
« À la DGRK, il y a beaucoup de contribuables qui viennent pour l’achat de la vignette ou du formulaire du permis de conduire. Mais les banques habilitées pour recevoir ces paiements sont très limitées. Il n’y a que Rawbank, Solidaire et Sofibanque, et encore, toutes leurs agences ne sont pas concernées », explique-t-il.
Selon ce témoignage, cette limitation entraîne un engorgement important dans les agences retenues. Malgré leur volonté de payer, de nombreux citoyens se retrouvent dans l’incapacité de le faire.
« Les gens se réveillent à 4 h, 5 h ou 6 h du matin, mais repartent souvent sans avoir payé. Il y a un système de jetons qui s’arrête avant l’heure, un désordre bien organisé et, comme d’habitude, de la corruption ne manque pas . Ceux qui ont des connaissances sont servis, pendant que les autres attendent en vain », poursuit-il.
Cette situation alimente un climat de frustration et de mécontentement parmi les contribuables, qui estiment être pénalisés par un manque de coordination entre les banques et les autorités provinciales. Beaucoup affirment être prêts à se conformer aux exigences légales, mais se disent limités par l’insuffisance des structures mises à leur disposition.
Alors que l’opération de contrôle routier se poursuit, ces difficultés soulèvent des interrogations sur la capacité des autorités à accompagner efficacement les citoyens dans l’application de cette mesure, afin d’éviter qu’elle ne devienne une source supplémentaire de tensions sociales dans la capitale congolaise.
HERVE KABWATILA































































