Dans plusieurs territoires du Sud-Kivu, la scolarité des enfants est gravement menacée par la crise humanitaire et sécuritaire. A Kalehe comme à Walungu, des élèves étudient dans des conditions précaires, tandis que d’autres abandonnent purement et simplement l’école faute de moyens financiers. Face à cette situation, les autorités éducatives appellent au respect des droits des élèves pendant la période d’examens.
Des élèves sans pupitres et dans des conditions indignes à Ihoka
Dans le sous-village d’Ihoka, en territoire de Kalehe, plusieurs élèves du primaire et du secondaire étudient dans des conditions extrêmement difficiles. Cette situation fait suite à des actes de vandalisme commis par des déplacés qui, en manque de bois de chauffage, ont utilisé des pupitres scolaires comme combustible.
Selon Jean-Paul Barungu, président de la société civile locale, au moins trois écoles sont sévèrement touchées par cette destruction du mobilier scolaire. En conséquence, les élèves peinent à s’asseoir correctement et à écrire pendant les cours, ce qui compromet sérieusement leur apprentissage.
Il n’y a pas assez de pupitres, et l’école est devenue un endroit désagréable. Cela pousse de plus en plus d’élèves à abandonner l’école. Beaucoup préfèrent rester à la maison plutôt que d’aller dans ces mauvaises conditions.
De son côté, Bahanunzi Rwibanga Samson, enseignant à l’EP Ihoka, lance un appel pressant aux ONG humanitaires et aux personnes de bonne volonté pour la réhabilitation des infrastructures scolaires, notamment : la réparation des pupitres, la remise en état des toilettes, et la restauration des tableaux endommagés.
Abandon massif des études faute de moyens à Ngweshe.
Dans la chefferie de Ngweshe, en territoire de Walungu, la situation est tout aussi préoccupante. Alors que les élèves du secondaire passent leurs examens du premier trimestre, de nombreux jeunes ont abandonné l’école faute de moyens financiers pour payer les frais scolaires.
Plusieurs d’entre eux se tournent désormais vers les travaux champêtres, tandis que d’autres errent sans occupation dans les villages. Les parents, eux, se disent incapables de supporter les charges scolaires en raison de la crise économique et sécuritaire qui frappe la région.
Certains parents reconnaissent avoir volontairement retiré leurs enfants de l’école par peur de les laisser seuls pendant qu’eux-mêmes se déplacent à la recherche de moyens de survie.
Interdiction du renvoi des élèves pendant les examens.
Pendant ce temps, à Bukavu, le Directeur provincial de l’Éducation Sud-Kivu 1, Léon Musagi Mukambilwa, a rappelé aux chefs d’établissements secondaires qu’il est formellement interdit de chasser les élèves des salles d’examen pour non-paiement des frais scolaires.
Selon lui, les parents traversent une période économique extrêmement difficile à cause des conflits armés et de l’instabilité sécuritaire. Il précise que le recouvrement des frais peut se faire après les examens, mais en aucun cas pendant la période des épreuves.
Il a également dénoncé le non-respect du taux de change officiel dans plusieurs écoles, une pratique qui pénalise davantage les parents.
Entre vandalisme des infrastructures scolaires à Kalehe, abandon massif des études à Walungu et tensions autour des frais scolaires à Bukavu, l’éducation au Sud-Kivu traverse une crise profonde. Cette situation appelle une réponse concertée des autorités, des ONG et des communautés locales pour protéger le droit fondamental des enfants à l’éducation.
La rédaction






























































