Pour la première fois depuis le réémergence de la rébellion AFC-M23, la ville de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, a été ciblée par une attaque aérienne de drones kamikazes visant l’aéroport international de Bangboka, entre le samedi 31 janvier et le dimanche 1er février.
Cette attaque, maîtrisée selon les autorités congolaises, a fait l’objet de l’intervention du vice-premier ministre en charge de la Défense nationale, Guy Kabombo Muadiamvita, lors de la 77e réunion du Conseil des ministres, présidée vendredi par la Première ministre Judith Suminwa.
Dans sa note relative aux opérations militaires en cours, le ministre de la Défense a affirmé que l’ensemble des drones lancés par l’AFC-M23 en direction de l’aéroport de Kisangani a été neutralisé avant d’atteindre leurs cibles.
Guy Kabombo a indiqué que le gouvernement a réussi à identifier le pays suspecté d’avoir fabriqué ces drones kamikazes, ainsi que la charge explosive transportée par ces engins volants, notamment sur la base des débris récupérés après leur explosion.
« L’approfondissement des enquêtes se poursuit, et les dispositions correspondantes à toute forme de nouvelles menaces sont prises », a souligné le ministre de la Défense nationale, cité par la ministre de la Culture et des Arts, Yolande Elebe Ma Ndembo, qui a fait office de porte-parole du gouvernement en mission à l’étranger.
Dans son communiqué publié le 3 février, l’AFC-M23 a revendiqué l’attaque, précisant avoir procédé à la destruction du centre de commandement des drones militaires installé à l’aéroport de Kisangani, lequel constituait le principal dispositif de planification, de coordination et d’exécution d’opérations visant ses positions dans les zones libérées, notamment à Masisi, Walikale, Rutshuru, Lubero, Kalehe, Mwenga et Minembwe.
Le porte-parole de la rébellion, Lawrence Kanyuka, a également rejeté toute implication extérieure, soulignant que l’opération menée à Kisangani avait été réalisée par les forces de l’AFC-M23.
« Que le régime de Kinshasa cesse de chercher des responsables ailleurs. Le régime de Kinshasa est pleinement conscient du matériel militaire qu’il a abandonné dans les aéroports de Goma et de Kavumu, et doit également comprendre que le recours aux drones et aux mercenaires n’est ni exclusif ni réservé à Kinshasa », a-t-il déclaré.
L’Union Africaine a condamné cette attaque dirigée contre une infrastructure aéroportuaire située dans un centre urbain, exposant les populations civiles.
Selon le Président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, cet acte constitue une violation grave du droit international humanitaire, notamment des principes de distinction, de proportionnalité et de précaution.
« En l’absence de preuves établissant de manière objective le caractère strictement militaire de la cible, une telle infrastructure conserve sa présomption de bien civil et bénéficie, à ce titre, d’une protection pleine et entière en vertu du droit international », a-t-il déclaré, soulignant que cette attaque est susceptible de relever de la qualification d’acte terroriste.
En outre, Mahmoud Ali Youssouf a réaffirmé que les groupes armés non étatiques ne sauraient invoquer aucune justification politique, sécuritaire ou militaire pour légitimer des actes visant les civils ou des infrastructures à usage civil.
« De tels actes sont également de nature à engager la responsabilité pénale individuelle de leurs auteurs et commanditaires, conformément au droit international applicable », a-t-il martelé.
Mont Carmel NDEO































































