La perspective d’un second combat entre Martin Bakole et Tony Yoka, évoquée à Kinshasa, ravive une rivalité jamais éteinte. Derrière l’enjeu sportif, c’est une bataille de stature, de reconnaissance et de contrôle du récit qui se joue.
Le dossier Bakole–Yoka revient sur le devant de la scène, porté par une série de prises de parole qui dépassent largement le cadre du sport. Quatre ans après leur premier affrontement, les deux poids lourds ne se parlent plus seulement à coups de poings, mais aussi à travers les médias et les réseaux sociaux. Une revanche potentielle qui s’annonce déjà électrique.
Paris 2022, l’origine du malaise
Le combat du 14 mai 2022 à l’Accor Arena demeure le point de rupture. En s’imposant aux points face à Tony Yoka, Martin Bakole met un coup d’arrêt brutal à l’ascension linéaire du champion olympique de Rio. Cette défaite, la première chez les professionnels pour Yoka, modifie durablement la perception des deux hommes.
Bakole gagne en crédibilité internationale et s’impose progressivement comme un sérieux prétendant parmi les poids lourds. Yoka, lui, entre dans une zone d’ombre, enchaînant performances irrégulières et défaites avant de retrouver récemment le goût de la victoire face au Russe Arslan Yallyev.
Kinshasa, le choix du symbole
C’est à Kinshasa que Tony Yoka décide de relancer publiquement le dossier. En visite dans la capitale congolaise, le boxeur franco-congolais affiche sa volonté de revanche et en fait un projet assumé. L’idée d’un combat sur le sol congolais n’est pas anodine : elle convoque l’identité, la mémoire et l’image.
Reçu par le ministre des Sports, Didier Budimbu, Yoka présente ce combat comme un rêve personnel et un événement fédérateur, capable de marquer l’histoire sportive du pays. Une démarche qui tranche avec la discrétion habituelle des négociations dans la boxe professionnelle.
Bakole impose ses règles
La réaction de Martin Bakole est immédiate et sans détour. Le boxeur congolais rappelle que sa notoriété ne repose pas sur des symboles, mais sur des victoires concrètes face à des adversaires reconnus. Il rejette toute tentative de pression médiatique et exige un cadre professionnel clair.
En creux, Bakole refuse de laisser à Yoka le contrôle du tempo et du récit. Le message est limpide : la revanche, si elle doit avoir lieu, se négociera en coulisses, pas sur la place publique.
Une confrontation à haut risque
Cette revanche éventuelle cristallise des enjeux majeurs. Pour Tony Yoka, il s’agit d’un combat pour la réhabilitation, destiné à prouver que la défaite de 2022 n’était qu’un accident de parcours.
Pour Martin Bakole, c’est l’occasion de confirmer une hiérarchie qu’il estime déjà établie. Au-delà des deux boxeurs, Kinshasa pourrait devenir le théâtre d’un événement à forte portée médiatique, capable de repositionner la RDC sur la carte de la boxe mondiale.
En attendant une annonce officielle, une réalité s’impose : Bakole–Yoka n’est plus seulement une affaire de sport. C’est un duel de légitimité, où chaque mot pèse presque autant que chaque coup.
Henry MLND































































