La circulation routière a repris normalement ce mardi 10 février 2026 sur la route des Poids Lourds, au quartier Kingabwa, dans la commune de Limete, au centre de Kinshasa. Cette reprise fait suite à l’intervention de la Police nationale congolaise, qui a rétabli l’ordre public après des manifestations de colère des résidents de Pakadjuma.
Le trafic routier est de nouveau fluide sur la route des Poids Lourds, axe stratégique reliant plusieurs zones économiques de la capitale congolaise. Bloquée la veille par des manifestants, cette artère a été dégagée après une intervention des forces de l’ordre, a constaté la rédaction de Foxtime.cd.
Les manifestations ont été organisées par des habitants de Pakadjuma, un bidonville populeux situé dans la commune de Limete. Ces derniers protestaient contre la destruction de leurs habitations par l’hôtel de ville de Kinshasa. Selon les autorités urbaines, cette opération visait à dégager l’emprise de la voie ferrée exploitée par le train de l’Office national des transports (Onatra).
En colère, les manifestants avaient érigé des barricades sur la chaussée, paralysant la circulation et perturbant les activités économiques dans le secteur. La situation a nécessité l’intervention de la Police nationale congolaise, qui a procédé à la dispersion des manifestants afin de rétablir l’ordre public.
Ce mardi, le calme est revenu dans la zone. Les véhicules, y compris les poids lourds, circulent de nouveau normalement sur cet axe vital pour l’approvisionnement de la ville. Aucun incident majeur n’a été signalé après l’intervention policière.
Par ailleurs, un poste de police situé au quartier BAT, dans la commune de Limete, au centre de Kinshasa, a été incendié par des individus non identifiés, à la suite d’une manifestation des habitants du quartier Pakajuma, un bidonville connu également comme zone de prostitution, opposés à leur déguerpissement le long de la voie ferrée. Cette opération avait été menée lundi 9 février par le gouvernement provincial.
Selon des témoins, la situation a dégénéré après la manifestation, donnant lieu à des actes de violence visant des installations publiques et privées. Le sous-commissariat de la Police nationale congolaise (PNC) du quartier BAT a été pris pour cible avant d’être incendié.
« Le sous-commissariat de la police situé au quartier BAT, dans la commune de Limete, a été attaqué puis incendié par des individus non identifiés. Plusieurs motos appartenant à des particuliers présents dans la zone ont été brûlées et une société de production d’eau potable a été pillée », a déclaré Philémon Kawele, vendeur au marché du port, communément appelé Libongo Okapi.
La bourgmestre de la commune de Limete, Nathalie Aziza, a confirmé que plusieurs actes de violence ont été signalés dans la zone, notamment des pillages et des incendies de biens appartenant à l’État. Elle a précisé que des mesures sécuritaires ont été prises afin de contenir la situation.
« Des policiers ont été déployés pour maintenir l’ordre public et prévenir tout débordement. L’autorité urbaine suit de près l’évolution de la situation sécuritaire dans la commune », a-t-elle indiqué.
Toutefois, il faut signaler que, la situation humanitaire des familles déguerpies de Pakadjuma demeure préoccupante. Plusieurs organisations de la société civile appellent les autorités à prendre des mesures d’accompagnement en faveur des personnes affectées par ces démolitions.
HERVE KABWATILA































































