L’entreprise américaine Virtus Minerals, finalise le rachat du minier CHEMAF en République Démocratique du Congo pour sécuriser l’approvisionnement en cuivre et cobalt, s’inscrivant dans le partenariat stratégique USA-RDC. L’accord prévoit des investissements de 750 millions de $ pour développer les actifs, notamment les mines de Mutoshi à Kolwezi et Étoile à Lubumbashi. Cette transaction stratégique vise à contrer l’influence chinoise dans le secteur minier.
Considérée comme une entité peu connue avec un « track record » limité pour une opération de cette envergure, Virtus Minerals opère en RDC via sa filiale ROK Metals.
Virtus a signé un accord pour reprendre Chemaf SA auprès de Zedra Skye Trustees (représentant ~95% des actionnaires), prévoyant de reprendre les passifs, y compris une dette de près de 600 millions de $ auprès de Trafigura et de la Trade & Development Bank.
Cependant, la vente est fragilisée par le rejet du fondateur de Chemaf, Shiraz Virji, qui conteste l’accord, affirmant qu’il ne couvre pas tous les créanciers (900 millions de $ de dettes totales). Plusieurs facteurs juridiques et financiers compliquent la transaction : la famille Virji (propriétaire), l’État congolais (actionnaire à 5 %) et le créancier Trafigura, qui a arrangé un prêt de 600 millions de dollars en 2022, disposent chacun de leviers importants sur l’avenir de Chemaf, rappelait récemment le FT.
À noter que, le gisement de cuivre et de cobalt situé dans le sud-est du pays, dans le Haut-Katanga de la société CHEMAF, avait été d’abord proposé à des investisseurs chinois avant l’intervention de Kinshasa. Ce partenariat soutenu par Washington est un test clé pour le partenariat RDC-USA. La Gécamines, entreprise d’État congolaise, et le groupe congolais Buenassa (avec une offre de 1,5 milliard $) étaient également en lice.
Basée à Dubaï Chemaf est propriétaire du projet Mutoshi, qui produit aujourd’hui moins de 20 000 tonnes de cuivre par an mais dispose, selon le Financial Times, d’un potentiel cobalt majeur à développer, conditionné à un plan d’investissement d’environ 300 millions de dollars. La vente, en discussion depuis fin 2023, a déjà suscité une intense compétition internationale et des interventions diplomatiques, après l’échec d’une cession au chinois Norin Mining annoncée en 2024.
De rappeler, après la cession par le géant Glencore de ses parts dans ses actifs en RDC à hauteur de 40% au consortium américain Orion Critical Mineral Consortium (Orion CMC) pour un montant estimé à 9 milliards de dollars. Le rachat du Groupe Chemical of Africa (CHEMAF) constitue un tournant majeur dans le secteur minier congolais après le récent accord de minerais stratégiques signé entre la RDC et les USA.
JAMES KABWE































































