Le député national de Kinshasa, Gode Mpoyi Kadima, a cloué au pilori la Banque Centrale du Congo (BCC) suite au retard observé pour la paie des fonctionnaires de l’État pour le mois de janvier 2026.
Dans son intervention au cours d’une émission télévisée le
lendemain de la réunion extraordinaire sur la conjoncture économique, présidée par la Première ministre, ce professeur d’université a déclaré que les politiques mises en œuvre par la BCC sont à l’origine de ce retard.
« C’est depuis 1989 que je travaille dans le domaine des finances. Le principal responsable de cette situation est la Banque centrale », a-t-il affirmé d’emblée.
Pour étayer son argumentation, l’ancien président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa explique que les mesures de la BCC pour apprécier le Franc congolais ont des répercussions sur l’enveloppe salariale validée au taux de 2850 FC pour un dollar.
« La masse salariale des fonctionnaires de l’État est une décision que nous, parlementaires, avons votée. Au moment de ce vote, le taux de change était de 2850 FC pour un dollar américain, ce qui facilitait le respect des délais de paiement, puisque notre fiscalité est alignée sur le dollar. Les recettes mobilisées par les régies financières étaient à ce taux. Cependant, lorsque la Banque centrale a décidé de réduire le taux de change pour apprécier la monnaie nationale de manière artificielle, elle est venue solliciter l’Assemblée nationale pour que nous baissions la masse salariale selon ce nouveau taux. Je me suis opposé à cette proposition, et mes collègues députés membres de la commission ECOFIN peuvent en témoigner. J’ai affirmé que toutes les rubriques pouvaient être ajustées sauf celle des fonctionnaires, qui souffrent déjà. Tous mes collègues m’ont soutenu, et nous avons donc décidé de garder intacte la masse salariale », a-t-il révélé.
« Réduire les recettes à un taux de 2200 FC lorsque la masse salariale a été établie au taux de 2850 FC signifie que celle-ci sera incompressible. En d’autres termes, le manque à gagner résultant de la baisse du taux de change crée un trou dans l’enveloppe salariale. C’est ce manque à gagner qui nous plonge dans des difficultés. Nous avons refusé de réduire les salaires des fonctionnaires dans le budget, car ils sont déjà insuffisants », a ajouté l’élu de Kinshasa.
En outre, Gode Mpoyi affirme que le gouvernement a emprunté 150 millions de dollars pour compenser la paie de décembre 2025.
Il a mis en garde contre les répercussions de cette opération sur l’exercice 2026.
« Pour pouvoir payer les gens en décembre, le gouvernement a emprunté 150 millions auprès d’un contribuable. Cette situation aura des répercussions néfastes sur le budget 2026, car l’argent emprunté en 2025 devra être pris en compte dans le budget de 2026 », a-t-il signalé.
Dans la foulée, il a rejeté les allégations du ministre des Finances, Doudou Fwamba, qui a récemment justifié le retard de la paie de janvier par des ajustements techniques, la mécanisation de nouvelles unités et les contraintes sécuritaires.
« On (ministre des Finances, NDLR) prétend que le mois de janvier est le plus difficile, mais c’est faux. Au niveau de la Direction générale des Impôts (DGI), qui contribue à plus de 50 % du budget, on observe une croissance dans la mobilisation des recettes en janvier, car nous sortons d’une période de forte consommation, celle des fêtes. Les recettes de l’IPR augmentent, car, en dehors du mois de décembre, les sociétés privées versent ce qu’on appelle le 13e mois », a-t-il expliqué.
Pour sa part, le gouvernement a affirmé que la situation économique est sous contrôle et que la paie, qui a débuté le 28 janvier avec les militaires, policiers et enseignants, devrait être clôturée d’ici le 20 février.
Mont Carmel NDEO






























































