La mort tragique de Karine Buisset, humanitaire française de l’UNICEF, survenue le 11 mars 2026 à Goma dans la province du Nord-Kivu dans la zone sous occupation des rebelles de l’AFC/M23 lors d’une frappe de drone, a suscité une vive émotion et des réactions politiques majeures.
Pour Jean-François le Drian, figure majeure de la vie politique française, ancien ministre de la défense sous François Hollande et ministre de l’Europe et affaires étrangères sous Emmanuel Macron, cette perte constitue un véritable drame dans un conflit déjà meurtrier et met cruellement en lumière les responsabilités premières du Rwanda dans l’escalade en cours.
Pour lui, que la frappe mortelle provienne d’un drone mal ajusté des Forces armées de la RDC (FARDC), visant des positions rebelles mais touchant un quartier civil, ou d’une opération sous fausse bannière (false flag) menée par le M23 ou ses soutiens pour accuser Kinshasa, la responsabilité stratégique et politique première incombe au Rwanda.
« En tant que principal sponsor, coordinateur et pourvoyeur militaire du M23 comme l’attestent de multiples rapports onusiens, occidentaux et régionaux depuis 2022, Kigali porte la responsabilité fondamentale de la poursuite du conflit, de l’occupation de Goma et des conditions qui rendent possibles de tels drames. » a-t-il écrit sur son compte X
À l’en croire, l’objectif de cette frappe d’une cible civile sur le territoire sous son contrôle est d’inverser les rôles médiatiques et diplomatiques, transformer l’agresseur en victime outragée, afin de susciter l’indignation internationale et discréditer la partie adverse.
« Le M23 a communiqué avec une rapidité inhabituelle sur l’événement, diffusant vidéos et accusations quasi instantanément, un pattern qui contraste avec ses habitudes antérieures lors de frappes congolaises avérées sur ses positions. »
Pour l’ancien ministre de la défense française, Paul Kagame et le régime rwandais ont été associés à plusieurs reprises à des tactiques de ce type dans des conflits passés.
Des témoignages recueillis par des enquêteurs de l’ONU et des sources crédibles (notamment dans des contextes d’enquêtes sur les années 1990-1994) évoquent des infiltrations de commandos du FPR déguisés en Interahamwe ou en soldats gouvernementaux pour commettre ou amplifier des massacres et diaboliser l’adversaire hutu, renforçant ainsi la légitimité internationale du FPR.
De même, pendant la guerre de brousse en Ouganda (1981-1986), Yoweri Museveni — mentor de Kagame à l’époque — a utilisé des tactiques comparables : ses combattants de la NRA portaient des uniformes de l’armée d’Obote pour harceler et tuer des civils, sapant la crédibilité du régime en place.
Dans le contexte actuel, drones congolais actifs contre le M23, zone de Goma sous contrôle rebelle, enjeux diplomatiques majeurs, l’hypothèse d’une manipulation ne peut être écartée d’un revers de main.
En tout état de cause, il sollicite qu’une enquête indépendante internationale est indispensable pour établir les faits, réunissant l’ONU, les experts balistiques, l’analyse des fragments et trajectoires. Mais il reste formel, « quel que soit le résultat de l’élucidation des faits, la responsabilité du Rwanda demeure entière »
JAMES KABWE




























































