L’Université protestante du Congo (UPC) a été, ce lundi 04 mai 2026, le théâtre d’une affluence exceptionnelle. Dès les premières heures de la matinée, des milliers de jeunes, filles et garçons, ont investi la cour de l’établissement, portés par un même espoir : décrocher un emploi stable au sein de la Régie de distribution d’eau (Regideso).
L’appel à candidatures lancé par la Regideso a suscité un engouement rare. Plombiers, mécaniciens, techniciens, pompistes : des profils techniques et manuels, essentiels au fonctionnement de l’entreprise publique, étaient recherchés. Dans un contexte économique fragile, ces postes représentent pour beaucoup une rare opportunité d’accéder à une stabilité financière.
Sur place, les files d’attente s’étendaient à perte de vue. Sous le soleil ardent de Kinshasa, les candidats, dossiers en main, ont patienté pendant des heures. L’accès aux salles de recrutement, strictement encadré, s’est fait selon une répartition rigoureuse en fonction des postes visés.
Malgré une organisation visiblement anticipée, la tension était palpable. L’anxiété se lisait sur les visages, chacun conscient du faible nombre de postes disponibles face à une demande écrasante. « Nous sommes venus très tôt, mais rien ne garantit que nous serons retenus », confie un candidat, visiblement éprouvé par l’attente.
Cet événement met en lumière une réalité persistante : le chômage des jeunes en République démocratique du Congo demeure une problématique majeure. Les annonces gouvernementales en matière de création d’emplois peinent à se traduire concrètement sur le terrain, laissant une grande partie de la jeunesse dans l’incertitude.
Dans ce contexte, l’expression populaire « article 15 », symbole de la débrouillardise face à l’absence de soutien structuré, s’impose comme une norme sociale. Nombreux sont ceux qui, faute d’opportunités formelles, se tournent vers des activités informelles pour subvenir à leurs besoins.
À l’UPC, cette réalité était visible dans les regards mêlant espoir et désillusion. « Nous voulons travailler, pas survivre », lâche une jeune candidate, traduisant le sentiment partagé par beaucoup.
L’affluence observée dépasse le simple cadre d’un recrutement. Elle constitue un indicateur fort de la pression exercée sur le marché de l’emploi en RDC. Si la Regideso joue un rôle crucial dans la fourniture d’eau potable et dans la création d’emplois, ses capacités restent limitées face à l’ampleur du défi.
Pour les observateurs, cette mobilisation massive devrait interpeller les décideurs. Elle souligne l’urgence d’élaborer des politiques d’emploi plus inclusives, capables de répondre aux aspirations d’une jeunesse nombreuse et déterminée.
Au-delà des chiffres et des discours, la scène vécue à l’UPC renvoie à une question fondamentale : celle de l’avenir d’une génération. Tant que les initiatives resteront ponctuelles, l’écart entre les promesses et la réalité risque de se creuser davantage.
L’engouement suscité par cet appel à candidatures apparaît ainsi comme un cri silencieux, mais puissant. Un appel à l’action pour que l’espoir d’un emploi digne ne devienne pas, pour toute une génération, une attente sans fin.
HERVÉ KABWATILA




























































