Poursuivant sa mission d’itinérance dans l’espace de la Grande Orientale, la Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, est arrivée à Mongwalu, cité minière de la province de l’Ituri et épicentre critique de la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola (souche Bundibugyo) qui frappe la région.
Face à un bilan national ayant franchi la barre symbolique des 1 000 décès, la cheffe du Gouvernement est venue évaluer les dispositifs sanitaires, encourager les équipes de première ligne et rassurer les populations locales.
Accueillie par les autorités sanitaires locales, Judith Suminwa a visité le Centre de traitement Ebola (CTE) de Mongwalu. Elle y a notamment salué la guérison d’un nourrisson âgé d’un mois, brandi comme un symbole d’espoir pour l’engagement des équipes.
La Première ministre a tenu à préciser que les ressources financières ne constituaient plus le principal goulot d’étranglement de la riposte, le Gouvernement congolais ayant déjà débloqué une enveloppe de 50 millions de dollars.
« Le problème des moyens financiers ne se pose plus. Maintenant, il faut s’assurer que toute la logistique est prise en charge », a-t-elle martelé.
L’accent de l’Exécutif sera mis sur la livraison accélérée d’ambulances, d’équipements de protection, de laboratoires mobiles et de matériel d’oxygène. À Kinshasa, l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB) travaille activement à l’élaboration d’un traitement et d’un vaccin spécifiques à cette souche Bundibugyo.
Si les récents rapports médicaux font état d’une légère baisse de la mortalité au cœur de la cité de Mongwalu, la situation sur le terrain reste précaire. Les leaders communautaires et les commerçants ont profité de cette visite officielle pour alerter la Première ministre sur une faille majeure de la prévention : la pénurie sévère d’eau potable.
Dans les marchés et les espaces publics de Mongwalu, les dispositifs de lavage des mains sont inexistants. « Nous passons la journée sans nous laver les mains faute de bornes-fontaines opérationnelles », a témoigné une vendeuse locale. Pour les experts de la santé publique, l’amélioration rapide des infrastructures hydrauliques est une urgence sanitaire tout aussi cruciale que la surveillance épidémiologique.
Outre les défis logistiques, la Première ministre a insisté sur l’importance vitale des piliers de la riposte, notamment le respect strict des enterrements dignes et sécurisés (EDS). En Ituri, la manipulation traditionnelle des corps des défunts demeure l’un des vecteurs majeurs de la propagation communautaire du virus.
Judith Suminwa a appelé à une mobilisation collective et à l’arrêt des rumeurs afin de faciliter le travail de la Croix-Rouge et des équipes de sensibilisation. Elle a également salué la collaboration des forces de sécurité et de la MONUSCO pour sécuriser l’accès des équipes médicales dans les zones périphériques complexes et instables du territoire de Djugu.
Après avoir bouclé son inspection des centres de Rwampara, Bunia et Mongwalu, la Première ministre a regagné la capitale avec la promesse de capitaliser sur les leçons de cette crise pour renforcer durablement le système sanitaire de l’Est de la RDC.
JAMES KABWE



























































