Le directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), le docteur Jean Kaseya, est arrivé mardi à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, épicentre de la 17ᵉ épidémie d’Ebola qui sévit en République démocratique du Congo (RDC). Sa mission vise à évaluer l’efficacité de la riposte et à recueillir les préoccupations des communautés locales afin de renforcer les stratégies de lutte contre la maladie.
Cette visite intervient alors que l’épidémie continue de progresser dans l’est du pays. Selon les derniers bilans, plus de 1 650 personnes ont perdu la vie depuis la déclaration officielle de l’épidémie en mai dernier, faisant de cette flambée l’une des plus meurtrières enregistrées dans le pays.
À son arrivée à Bunia, le docteur Jean Kaseya a souligné l’importance d’une approche centrée sur les communautés affectées. « Je viens pour écouter la communauté, pour écouter les leaders, afin de voir ce que nous n’avons pas bien fait et ce que nous devons améliorer. Demain, lors de la rencontre avec le Président de la République, nous allons lui présenter les recommandations nécessaires pour arrêter cette épidémie », a-t-il déclaré.
Originaire de la RDC et épidémiologiste de formation, le patron de l’Africa CDC entend échanger avec les autorités provinciales, les équipes de riposte, les partenaires sanitaires ainsi que les représentants communautaires.
L’objectif est d’identifier les obstacles qui freinent la maîtrise de l’épidémie, notamment les difficultés liées à la surveillance épidémiologique, à la prise en charge des malades et à l’adhésion des populations aux mesures sanitaires.
La province de l’Ituri concentre la majorité des cas enregistrés dans cette épidémie causée par la souche Bundibugyo du virus Ebola. Les autorités sanitaires et leurs partenaires internationaux font face à plusieurs défis, notamment l’insécurité persistante dans certaines zones, les déplacements de populations et la méfiance de certaines communautés envers les équipes de santé.
Les recommandations issues de cette mission devraient être présentées au président Félix Tshisekedi lors d’une rencontre prévue à Kinshasa. Elles pourraient contribuer à réorienter certains aspects de la riposte afin de freiner la propagation de la maladie et réduire le nombre de décès dans les zones affectées.
Signalons que, delon le dernier rapport de situation de l’Institut national de santé publique, arrêté au 1er juillet et publié le 2 août, l’épidémie d’Ebola qui touche cinq provinces de la RDC, Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Haut-Uélé et Tshopo, a fait 1 657 morts parmi 3 748 cas confirmés, portant le taux de létalité à 44,2 %. L’institut recense 690 patients actuellement en isolement ou hospitalisés et 708 guérisons cumulées, tandis que le taux de suivi des contacts progresse à 80,1 %.
Aucune nouvelle zone de santé n’a été affectée au cours des dernières 24 heures, l’Ituri demeurant l’épicentre principal de l’épidémie avec 28 de ses 36 zones de santé touchées.
HERVÉ KABWATILA




























































