La question du dialogue national inclusif continue de polariser la classe politique en République démocratique du Congo (RDC).Présenté par ses partisans comme une voie incontournable vers la réconciliation nationale et le retour de la paix dans l’Est du pays, ce projet suscite néanmoins de profondes divergences au sein du paysage politique congolais, dans un contexte marqué par l’insécurité persistante qui frappe plusieurs provinces orientales depuis plus de trois décennies.
Depuis plusieurs mois, les débats autour de cette initiative occupent le devant de la scène politique. Une partie de l’opposition estime que seule une concertation réunissant toutes les forces vives de la nation pourrait permettre de trouver une solution durable aux multiples crises sécuritaires, politiques et sociales qui secouent le pays.
Parmi les points les plus sensibles figure la participation éventuelle de certaines personnalités politiques controversées.L’ancien président de la République, Joseph Kabila Kabange, est régulièrement cité dans les débats.
Certaines autorités et plusieurs acteurs politiques l’accusent d’entretenir des liens avec des groupes armés opérant dans l’Est du pays, des allégations que ses proches ont toujours rejetées. Aucune décision judiciaire définitive n’a, à ce jour, établi sa responsabilité dans les violences qui secouent cette région.Le dossier de Corneille Nangaa demeure également au cœur des préoccupations.
L’ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), devenu dirigeant de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), alliée au mouvement rebelle M23, est considéré par les autorités congolaises comme l’une des figures majeures de la rébellion qui contrôle plusieurs localités dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Kinshasa continue de dénoncer ce qu’elle qualifie d’occupation illégale de certaines zones du territoire national avec le soutien du Rwanda, une accusation que Kigali rejette régulièrement.
Face à cette situation, les défenseurs du dialogue national inclusif soutiennent qu’aucune solution militaire ou politique ne pourra aboutir sans l’implication de toutes les parties concernées. Selon eux, la paix durable dans l’Est de la RDC passe nécessairement par des discussions franches réunissant les acteurs politiques, les groupes armés congolais, la société civile ainsi que les partenaires régionaux impliqués dans la crise.
C’est dans cette perspective que Martin Fayulu, président du parti Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECiDé), a récemment réaffirmé son soutien à une approche basée sur le dialogue. Depuis la Belgique, où il séjourne actuellement, l’opposant congolais a plaidé pour l’ouverture de discussions avec tous les protagonistes du conflit.
« Le M23, c’est le Rwanda. Mais dans le M23, il y a des Congolais. Comment allez-vous régler le problème si vous ne discutez pas avec eux ? Vous devez même discuter avec le Rwanda », a déclaré Martin Fayulu.
Cette prise de position relance le débat sur les mécanismes à privilégier pour mettre fin aux violences qui endeuillent l’Est de la RDC depuis plusieurs décennies. Alors que certains responsables politiques privilégient une réponse sécuritaire renforcée, d’autres estiment qu’un dialogue inclusif demeure la seule option susceptible de créer les conditions d’une paix durable.
Dans l’attente d’une éventuelle concrétisation de cette initiative, les Congolais continuent d’espérer une issue capable de mettre fin à l’insécurité, aux déplacements massifs de populations et aux souffrances humanitaires qui affectent des millions de personnes dans les provinces orientales du pays.
HERVÉ KABWATILA




























































