La scène politique congolaise s’enflamme de nouveau. Une vive polémique secoue les états-majors politiques à Kinshasa à la suite d’attaques verbales d’une rare violence ciblant l’opposant Martin Fayulu Madidi, président de l’ECiDé. À l’origine de ce nouveau clash : les récentes prises de position de l’ancien candidat à la présidentielle sur les pistes de sortie de crise pour le conflit qui ravage l’Est de la République Démocratique du Congo.
Dans sa quête d’un consensus national pour restaurer la sécurité dans la partie orientale du pays, Martin Fayulu a réitéré son appel à un dialogue national inclusif. Cependant, sa position suggérant la nécessité d’inclure, sous une forme ou une autre, tous les acteurs majeurs de la crise — y compris les agresseurs du M23 et leurs parrains rwandais — afin d’obtenir un accord de paix durable a suscité de vives réactions au sein de la coalition au pouvoir.
Si pour l’entourage de Fayulu, cette démarche relève d’un réalisme politique et d’une « nécessité vitale » pour stopper l’hémorragie humaine, les communicateurs de l’Union Sacrée (la mouvance présidentielle) y voient une « trahison » et une insulte à la mémoire des victimes congolaises.
La contestation a rapidement basculé dans l’excès. Sur les réseaux sociaux et certains plateaux de télévision, une communicatrice attitrée du pouvoir s’est livrée à un véritable lynchage médiatique contre le leader de l’ECiDé. Loin du débat d’idées républicain, l’intervention s’est transformée en un torrent d’injures publiques et d’attaques personnelles outrancières.
Ce dérapage a immédiatement soulevé un tollé général au sein de la classe politique et de la société civile. De nombreux observateurs dénoncent une dérive haineuse et une dangereuse dégradation du débat public, exacerbée par l’usage non régulé des plateformes numériques.
Face à la violence de ces propos, les regards se tournent désormais vers le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC). Plusieurs voix s’élèvent pour interpeller directement son président, Christian Bosembe.
Il est reproché au gendarme des médias congolais une forme de passivité ou d’indignation sélective face aux dérives des communicateurs proches du régime, alors même que l’institution multiplie les menaces de restrictions et de sanctions contre d’autres acteurs du web.
« Le CSAC ne peut pas rester muet face à des insultes flagrantes qui violent l’éthique et la déontologie des médias sous prétexte que l’auteur défend le pouvoir en place », s’insurge un cadre de l’opposition.
Alors que la menace de fermeture ou de régulation stricte de plateformes comme TikTok plane en RDC pour cause de « discours de haine », le traitement de ce dossier par Christian Bosembe sera un test majeur pour la crédibilité et la neutralité de l’instance de régulation. L’opinion publique attend de voir si des sanctions exemplaires seront prises pour assainir l’espace médiatique congolais.
JAMES KABWE




























































