Le violon ne s’accorde pas entre le ministre de la Santé publique, Samuel-Roger Kamba et le docteur Jean Kaseya, directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC).
Les deux personnalités ne parlent pas le même langage au sujet du dossier relatif à la paie des agents de santé mobilisés dans la riposte contre l’épidémie d’Ebola qui sévit depuis mai 2026 en République démocratique du Congo.
Selon le ministre, Africa CDC a procédé au paiement direct de certains agents sans l’en informer, en dehors d’un cadre budgétaire unique arrêté par l’État.
Cette situation, dit-il, constitue l’une des causes ayant nourri des mouvements de grève parmi les prestataires de première ligne dans les zones de santé touchées par le virus.
En réponse, le directeur général d’Africa CDC a rejeté ces accusations.
Dans sa mise au point, Jean Kaseya affirme que la paie des agents de santé relève exclusivement de la responsabilité du gouvernement.
« Le ministre, sous pression de l’épidémie, a tenu des déclarations qui ne reflètent pas sa pensée. Ce qu’il avance est totalement faux. Africa CDC ne paie pas les agents sur le terrain. Ce n’est pas notre rôle. J’ai été très clair avec les autorités du pays : les agents de santé relèvent du gouvernement et il doit les payer. On doit voir les grèves stopper », a-t-il expliqué.
Le directeur général d’Africa CDC a également apporté des précisions sur une opération menée en faveur des chauffeurs.
« S’agissant des relais communautaires, chacun peut mettre la main dans la poche et Africa CDC a mobilisé des partenaires afin de mettre en place un paiement conforme au barème demandé par le gouvernement : 150 dollars par mois. Nous avons convaincu les partenaires disposant des ressources nécessaires », a laissé entendre Jean Kaseya.
Il a rappelé que parmi les initiatives approuvées par le Chef de l’État, figure l’approche village.
« Aujourd’hui, chaque village doit désigner deux ou trois relais communautaires. Cette épidémie ne peut pas être gagnée par des personnes assises à Kinshasa, Bruxelles, Addis-Abeba, Genève ou ailleurs : c’est une affaire de la communauté et c’est cette communauté qui doit la résoudre », a-t-il argué.
En outre, Jean Kaseya a contesté les accusations selon laquelle les chauffeurs constituent un dossier distinct attribuable à Africa CDC.
« Cette histoire n’est pas une histoire en soi. Africa CDC, comme l’ensemble des partenaires présents sur le terrain, loue des véhicules le temps d’en acheter. Quand on loue, c’est un package : on finance un montant qui couvre l’ensemble des besoins, y compris ceux liés aux chauffeurs. Nous avons constaté que, dans certains cas, les prix pratiqués étaient plus élevés et la qualité des prestations jugée douteuse », a-t-il rappelé.
Il indique qu’un appel d’offres a été lancé, et qu’une autre entreprise a été retenue.
Le directeur général précise que, lors du changement de prestataire, celui-ci a informé les chauffeurs de la fin de son contrat, ce qui a suscité des réactions.
« Cette histoire des chauffeurs n’est meme pas une histoire. Africa CDC comme tous les partenaires qui sont sur terrain loue des véhicules le temps d’en acheter. Et quand on loue, c’est tout un package. Cela signifie qu’on paie le prestataire un montant qui permet de couvrir tous les autres besoins y compris ceux de ses chauffeurs, mais on s’est rendu compte que le prestataire auprès duquel on louait les véhicules, quand on compare avec les autres, on s’est rendu compte que le prix est élevé et la prestation était d’une qualité douteuse. Donc on fait un appel d’offres, nous avons reçu les offres de différentes compagnies et mon équipe a choisi la meilleure offre qui n’était plus le prestataire d’avant. Celui-ci a dû informer les personnes qu’il payait et non Africa CDC, c’est pour ça que j’ai dit les déclaration du ministre lui ont échappé, parce que ce n’est pas correct. Ce n’est pas Africa CDC qui payait les chauffeurs mais le prestataire. C’est ce qui fait qu’en changeant de prestataire, ce dernier a informé a ces personnes qu’il n’a plus de contrat avec Africa CDC ce qui a suscité des réactions », a-t-il conclu.
Cette pomme de discorde survient alors que Africa CDC a annoncé que près de 700 millions de dollars américains ont été mobilisés dont plus de moitié affectée.
Pourtant, les agents de santé demeurent impayés depuis la déclaration officielle de l’épidémie le 15 mai 2026.
Mont Carmel NDEO


























































