Le monde du sport congolais est en deuil. Malgré les démentis initiaux qui ont brièvement semé le doute au sein de la communauté sportive, le décès du célèbre cycliste congolais Miguel Masaïsaï est désormais bel et bien confirmé. Sa propre famille, par la voix de sa sœur aînée Ornella Masaïsaï, ainsi que le ministère de la Communication, ont validé la tragique nouvelle ce samedi matin.
L’athlète a été victime d’un effroyable accident de la circulation le vendredi 18 septembre 2026 à Kabos, une localité située à 9 kilomètres de Ntam, près d’Ouesso dans le nord de la République du Congo, non loin de la frontière camerounaise.
Selon les informations fournies par les sources locales et corroborées par les autorités, le vélo de Miguel Masaïsaï a subi une panne technique au cours de son trajet. Désireux de trouver rapidement un atelier pour réparer sa bicyclette et poursuivre son périple, le jeune homme a sollicité l’aide d’un chauffeur de taxi.
Malheureusement, le véhicule à bord duquel il avait pris place aux côtés de deux autres passagers a été impliqué dans une violente collision. Le choc a été fatal : les quatre occupants du taxi, y compris le cycliste, ont perdu la vie sur le coup. Son corps, gravement atteint, a été transporté et conservé à la morgue d’Ouesso. Le passeport de l’athlète retrouvé à côté de la dépouille a permis son identification formelle.
L’annonce de sa disparition a d’abord fait l’objet d’une vive polémique, plusieurs structures sportives nationales, à l’instar de la ligue provinciale de cyclisme de Lukunga, ayant initialement démenti l’information pour rassurer l’opinion publique en l’absence de preuves formelles. Cependant, la réalité a rapidement rattrapé le scepticisme général.
« Nous avons été contactés par le ministère de la Communication. Le passeport retrouvé à côté de la dépouille était bel et bien celui de Miguel », a tristement confié sa sœur aux médias nationaux, confirmant que le gouvernement congolais s’activait déjà pour la prise en charge et le rapatriement du corps vers la RDC.
Miguel Masaïsaï s’était lancé le 1er mai 2026 dans un défi herculéen baptisé « Pedals for Peace » (Pédales pour la Paix). Parti de la ville de Goma, il s’était donné pour objectif de relier le Maroc (Rabat) à vélo, soit un parcours transafricain de près de 14 000 kilomètres à travers 17 pays. Son objectif principal était de porter haut un message de paix, d’unité nationale et de solidarité pour les populations de l’Est de la RDC, meurtries par les conflits armés.
Après avoir réussi l’exploit historique de traverser la RDC d’est en ouest en reliant Goma à Kinshasa en 66 jours, il avait été reçu par le ministre des Sports, Didier Budimbu. Il avait quitté la capitale congolaise le 6 septembre dernier pour entamer sa deuxième phase vers Brazzaville. Il venait tout juste de boucler sa 71e étape entre Gamboma et Oyo avant que sa trajectoire ne s’arrête brutalement dans le Nord du Congo.
Le Congo perd un de ses plus vaillants ambassadeurs de la paix, un cycliste hors norme qui écrivait l’histoire du pays à la force de ses jambes.
JAMES KABWE



























































