Le climat social s’alourdit au sein de l’administration publique en République Démocratique du Congo. Les inspecteurs, contrôleurs et agents administratifs de l’Inspection Générale du Travail (IGT) montent au créneau contre le Vice-Premier ministre, ministre du Budget, Adolphe Muzito, qu’ils accusent ouvertement de saboter les instructions du Chef de l’État. Un sit-in d’envergure est annoncé au Centre Financier de Kinshasa pour réclamer leur régularisation salariale.
La colère gronde à l’IGT. Privés de salaire régulier et de primes adéquates depuis plus de six mois, les agents de ce service de contrôle se disent « clochardisés ». Selon l’intersyndicale et les représentants du personnel, cette situation dramatique persiste en dépit des orientations claires données par le Président de la République, Félix Tshisekedi, visant à accélérer l’intégration financière de ces agents.
Sur le banc des accusés : la Vice-Primature en charge du Budget, dirigée par Adolphe Muzito, ainsi que le ministère des Finances. Les manifestants dénoncent une « lenteur administrative suspecte » et parlent désormais de « sabotage délibéré » des réformes initiées par la haute hiérarchie du pays.
Pour faire entendre leur voix, les agents de l’IGT ont décidé de passer à la vitesse supérieure. Un appel au sit-in a été lancé au Centre Financier de Kinshasa, siège des ministères stratégiques du Budget et des Finances. L’objectif est clair : bloquer symboliquement les accès jusqu’à l’obtention de garanties fermes sur leur inscription définitive sur les listes de paie.
« Nous ne pouvons plus reculer. Nos familles souffrent pendant que les fonds publics subissent d’autres orientations. Le Budget doit exécuter l’ordre du Chef de l’État sans condition », s’insurge un délégué syndical sous couvert d’anonymat.
Face à la pression syndicale et à l’imminence des blocages au Centre Financier, les lignes ont commencé à bouger au sommet de l’État. Une délégation de l’IGT, conduite par Jean-Paul Yamabo (président du comité de suivi de la paie), a finalement été reçue en audience par le VPM Adolphe Muzito et le vice-ministre Élysée Bokumwana.
À l’issue de cet échange de clarification, une lueur d’espoir est apparue. Les autorités budgétaires ont officiellement annoncé la programmation de l’intégration globale de l’Inspection Générale du Travail à la paie au cours du quatrième trimestre 2026.
Reste à savoir si cette promesse à moyen terme suffira à calmer la base des travailleurs, qui exige des actes immédiats pour pallier les mois d’arriérés accumulés. Le sit-in au Centre Financier fera office de baromètre social dans les jours à venir.
JAMES KABWE



























































