La situation sécuritaire et humanitaire ne cesse de se détériorer dans le groupement de Kanyola, situé dans le territoire de Walungu au Sud-Kivu. Entre exécutions sommaires, menaces de mort et extorsions financières systématiques, les habitants lancent un cri de détresse pressant à l’opinion nationale et internationale face à ce qu’ils qualifient de « terreur quotidienne » imposée par les éléments de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23).
Le drame le plus récent a plongé la communauté locale dans le deuil et la colère. Ce jeudi soir, juste après la diffusion du match des Léopards de la RDC, trois jeunes garçons ont été lâchement abattus par des militaires de l’AFC/M23. Selon des sources locales concordantes, ces exécutions ont été perpétrées « sans aucun motif », illustrant le climat d’arbitraire qui règne dans la zone sous le commandement de la base locale du mouvement.
Au-delà des pertes en vies humaines, les habitants de Kanyola dénoncent un système de rançonnement à grande échelle. Le commandant local de l’AFC/M23, agissant en apparente complicité avec les autorités du mouvement basées dans le territoire de Walungu, est accusé d’imposer des amendes et des taxes forfaitaires exorbitantes aux civils.
« Les montants sont fixés à la tête du client et selon la volonté du commandant. On exige tantôt 500 dollars, tantôt 400 ou 200 dollars sans le moindre motif valable », s’indigne un représentant de la société civile sous couvert d’anonymat. Ceux qui refusent ou se trouvent dans l’incapacité de payer s’exposent instantanément à des menaces de mort directes.
Pour les notables et les habitants de cette partie du Sud-Kivu, cette nouvelle vague de violence réveille de douloureux traumatismes. Kanyola a, par le passé, été le théâtre de massacres sanglants. Un passé douloureux qui pousse aujourd’hui la population à bout de patience : « Trop c’est trop. Kanyola a déjà payé un lourd tribut. Plus jamais ça », martèlent les forces vives locales.
Face à l’inaction perçue des instances de régulation, une mise en garde sévère a été lancée aux hauts responsables du mouvement politico-militaire. Les leaders communautaires exigent la permutation immédiate et sans condition des équipes militaires et du commandant basés à Kanyola.
Si rien n’est fait pour stopper ces exactions dans les plus brefs délais, la population prévient qu’elle pourrait « se prendre en charge », faisant craindre un embrasement généralisé et des lynchages populaires. Les jours à venir s’annoncent décisifs pour le groupement de Kanyola, qui risque de devenir totalement invivable si l’impunité persiste.
JAMES KABWE




























































