Le vice-Premier ministre chargé des Transports, Jean-Pierre Bemba, a vivement réagi au message de l’ancien président Joseph Kabila. Dans une déclaration au ton particulièrement offensif, le président du Mouvement de libération du Congo (MLC) remet en cause la légitimité politique de son ancien adversaire et lui impute une lourde responsabilité dans les violences et les difficultés qu’a connues la République démocratique du Congo durant ses années au pouvoir.
S’adressant à Joseph Kabila, Jean-Pierre Bemba lance : « Votre allocution ne trompe personne ». Il l’interpelle également en utilisant le nom d’« Hippolyte Kanambe », appellation employée par certains de ses détracteurs pour contester ses origines. Le responsable politique l’accuse de vouloir se poser en donneur de leçons en comptant, selon lui, sur « l’amnésie du peuple congolais ».
Dans sa déclaration, Jean-Pierre Bemba revient sur les élections présidentielles de 2006 et de 2011. Il accuse Joseph Kabila d’avoir « triché aux élections de 2006 » et affirme qu’il n’a « pas été élu » en 2011.
Le dirigeant du MLC emploie également les termes d’« imposteur » et d’« usurpateur » pour dénoncer ce qu’il considère comme une absence de légitimité démocratique. Ces propos traduisent la virulence de la confrontation politique entre les deux hommes, dont les relations sont marquées par une longue rivalité.
Jean-Pierre Bemba dresse un bilan sévère des dix-huit années de pouvoir attribuées à Joseph Kabila, qu’il associe à la terreur, aux massacres et au pillage des ressources du pays.
Il l’accuse également d’avoir laissé des « agents de Kigali » occuper des positions importantes au sein de l’État congolais et lui reproche son soutien présumé au mouvement rebelle M23. Ces accusations, particulièrement sensibles dans le contexte des tensions entre Kinshasa et Kigali, relèvent de la charge politique formulée par le vice-Premier ministre et doivent être distinguées des faits établis par des sources indépendantes.
En opposition au tableau qu’il dresse des années Kabila, Jean-Pierre Bemba met en avant les réalisations qu’il attribue au président Félix Tshisekedi.
Il cite notamment la gratuité de l’enseignement primaire, la gratuité de la maternité ainsi que l’augmentation du budget de l’État, qu’il affirme avoir été multiplié par cinq. Ces éléments lui servent à défendre l’action du pouvoir actuel et à opposer les orientations de la présidence Tshisekedi à celles de son prédécesseur.
L’appréciation de ces résultats nécessite toutefois de tenir compte des données budgétaires officielles, de la période de référence et des conditions concrètes de mise en œuvre des politiques publiques concernées.
Dans la dernière partie de sa déclaration, Jean-Pierre Bemba rend hommage à plusieurs personnes présentées comme des victimes de la répression sous la présidence de Joseph Kabila. Il cite notamment Floribert Chebeya, défenseur des droits humains assassiné en 2010, Luc Nkulula, militant du mouvement citoyen Lucha mort dans un incendie en 2018, et Rossy Mukendi, militant tué par balle lors d’une manifestation à Kinshasa en 2018.
En évoquant ces noms, le responsable politique replace son réquisitoire dans le débat sur les libertés publiques, la répression des mouvements citoyens et la responsabilité des autorités dans la protection des droits fondamentaux.
Par cette sortie, Jean-Pierre Bemba ravive les tensions entre les partisans de l’ancien président Joseph Kabila et ceux du pouvoir de Félix Tshisekedi. Sa déclaration mêle accusations sur le passé, contestation de la légitimité politique de l’ancien chef de l’État et défense du bilan de l’actuelle présidence.
HERVÉ KABWATILA



























































