Le Palais du Peuple s’apprête à vivre des heures décisives. Le Bureau de l’Assemblée nationale a officiellement convoqué les députés nationaux en séance plénière ce vendredi à 13 heures dans la salle de Congrès. Derrière un ordre du jour en trois points se cache le texte le plus scruté et le plus contesté du moment : la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum en République Démocratique du Congo.
Cette plénière marque une étape cruciale : l’examen et l’approbation du rapport de la Commission Politique, Administrative et Juridique (PAJ). Ce document prépare le terrain pour une nouvelle délibération et un vote article par article de la loi référendaire.
Ce texte revient devant les élus après avoir été renvoyé par le Président de la République, sur fond de réserves d’interprétation émises par la Cour constitutionnelle. Si la Haute Cour l’avait jugé conforme à la Constitution sur le fond, elle avait exigé des clarifications majeures avant sa promulgation.
La tension dans l’hémicycle reflète la fracture qui secoue la classe politique congolaise. Pour l’opposition et plusieurs forces de la société civile, l’urgence mise à verrouiller le cadre juridique du référendum cache une manœuvre du pouvoir. Ils accusent la majorité d’ouvrir la voie à une modification constitutionnelle destinée à prolonger les mandats présidentiels au-delà des limites légales.
Du côté de la majorité présidentielle, le ton est tout autre. Les partisans du régime rejettent en bloc ces accusations et soutiennent que cette loi vise uniquement à doter la RDC d’un outil démocratique moderne. Selon eux, il s’agit de restituer la parole au « souverain primaire » pour les grandes questions de souveraineté nationale, sans aucun rapport avec un maintien au pouvoir.
Bien que l’attention soit focalisée sur le référendum, les députés devront également se prononcer sur un dossier technique mais tout aussi stratégique : la ratification de l’Ordonnance-Loi n°026/015 du 7 septembre 2026 portant organisation de l’activité statistique en RDC. Ce projet de réforme ambitionne de moderniser la collecte de données institutionnelles, une étape indispensable pour l’élaboration des politiques publiques et la protection des données individuelles dans le pays.
La plénière de ce vendredi s’annonce comme un véritable test de cohésion pour la Chambre basse. Entre les impératifs de réformes administratives et les passions exacerbées autour de l’avenir constitutionnel du pays, les débats de cet après-midi s’annoncent d’ores et déjà historiques.
JAMES KABWE




























































