L’interpellation de la sénatrice Carole Agito Amela, mercredi à Kinshasa, provoque un malaise au sein de l’Union sacrée.
Arrêtée sur la voie publique, l’élue a été libérée quelques heures plus tard, mais l’épisode a déjà ouvert une controverse à la fois juridique et politique.
Au perchoir du sénat, le président de la Chambre haute, Jean-Michel Sama Lukonde, a condamné les conditions de cette interpellation.
Dans son allocution, le speaker affirme que la procédure est contraire à l’article 107 de la Constitution et à l’article 223 du règlement intérieur de la chambre haute, deux dispositions qui encadrent strictement la levée des immunités parlementaires.
Hormis cet aspect, c’est la personnalité de la sénatrice qui nourrit la perplexité. Selon plusieurs sources au Sénat, l’élue de la Grande Orientale n’est « pas une sénatrice ordinaire ». Proche de la majorité, elle a coordonné la campagne de Félix Tshisekedi dans la Grande orientale lors de la présidentielle de 2023.
Elle a aussi porté, en qualité de rapporteure, le rapport de la commission spéciale qui a autorisé l’instruction du dossier visant l’ancien président Joseph Kabila.
Membre du présidium de l’Union sacrée et présidente d’un parti allié de l’UDPS, Carole Agito Amela s’était en outre distinguée ces derniers jours par son engagement contre l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23). Son parti avait d’ailleurs pris position publiquement dès mardi.
D’après les informations de nos confrères d’Africa News, la sénatrice préparait pour ce week-end une réunion élargie de l’ensemble des élus de la Grande Orientale, députés nationaux et sénateurs, afin de mobiliser en faveur du chef de l’État.
Dans ce contexte, son arrestation apparaît d’autant plus incompréhensible à ses pairs.
La Rédaction


























































