Le secteur de la justice en République Démocratique du Congo vient d’essuyer un terrible camouflet. Lors du briefing presse du 22 octobre 2026 consacré à la gestion du secteur judiciaire, le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a jeté un pavé dans la mare : il n’existe aucun rapport final valide des fameux États généraux de la justice.
Le document issu de ces assises pompeuses a été officiellement rejeté par le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM). Le motif invoqué est accablant : un « tripatouillage » en règle orchestré par l’ancien cabinet ministériel. Conséquence directe de cette falsification, le ministre actuel a tout simplement refusé d’intégrer ces conclusions biaisées dans sa nouvelle feuille de route politique.
Au-delà du scandale institutionnel et de la guerre ouverte entre les régimes successifs au sein du ministère, une question brûlante taraude désormais l’opinion publique congolaise : quid des millions de dollars américains décaissés par le Trésor public pour financer ces travaux ?
Ces assises, qui avaient réuni en grande pompe des centaines de participants au Centre financier de Kinshasa, devaient accoucher d’une thérapie de choc pour guérir une justice congolaise qualifiée de « malade ». Aujourd’hui, le constat est amer. L’argent des contribuables s’est volatilisé dans l’organisation d’un forum dont le résultat final est jugé nul, non avenu et frauduleux.
Les accusations de falsification des conclusions ne sont pas nouvelles, mais leur confirmation par l’actuel Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, sonne comme le requiem de l’ère précédente. Les syndicats de magistrats avaient déjà dénoncé des manipulations flagrantes dans la rédaction des résolutions lues à la clôture des travaux. En récusant formellement ce rapport pour « tripatouillage », le Conseil Supérieur de la Magistrature remet les compteurs à zéro, mais laisse l’État congolais face à une ardoise financière salée et sans le moindre outil de réforme.
Alors que Guillaume Ngefa multiplie les réformes législatives et s’active pour rendre opérationnel le tout nouveau Tribunal pénal économique et financier, l’affaire des États généraux de la justice pourrait bien devenir le premier dossier test de cette juridiction spécialisée.
La population exige désormais des comptes. Les Congolais veulent savoir qui a ordonné les modifications frauduleuses du rapport et, surtout, où est passé l’argent investi dans ce qui s’apparente désormais à une vaste pièce de théâtre budgétaire. Pour le gouvernement, l’heure n’est plus aux briefings de communication, mais bien à l’audit financier et à des poursuites judiciaires exemplaires.
JAMES KABWE
























































