La Première ministre de la République démocratique du Congo (RDC), Judith Suminwa, a présenté et défendu, jeudi, au Palais du peuple, à Kinshasa, le projet de loi de finances pour l’exercice 2026 devant les députés nationaux. Son intervention a notamment mis en évidence la répartition des allocations du budget général entre les piliers du Programme d’actions du Gouvernement, ainsi que les mesures envisagées pour renforcer la mobilisation des recettes publiques.
Dans sa présentation, la cheffe du Gouvernement a indiqué que les allocations du budget général, évaluées à 51.242 milliards de francs congolais, sont structurées autour des six piliers du Programme d’actions du Gouvernement. Les deux premiers axes présentés concernent la création d’emplois et la protection du pouvoir d’achat des ménages, d’une part, et la défense du territoire national ainsi que la sécurité des personnes et de leurs biens, d’autre part.
Le premier pilier, intitulé « Créer plus d’emplois et protéger le pouvoir d’achat des ménages », bénéficie d’une enveloppe de 10.991 milliards de francs congolais, soit 4,8 milliards de dollars américains, selon les chiffres communiqués par la Première ministre.
Ces ressources doivent notamment soutenir le développement agricole, la sécurité alimentaire, le développement rural intégré et la composante rurale du Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145 territoires).
Judith Suminwa a également souligné que les interventions prévues dans ces secteurs contribueront à la mise en œuvre du Compact Résilience, un programme d’urgence destiné à accélérer l’amélioration des conditions de vie de la population.
Au-delà du secteur agricole, cette enveloppe vise également à soutenir l’industrialisation, l’entrepreneuriat et le commerce. Elle comprend notamment le financement du programme présidentiel « Debout Jeunes Congolais », consacré à l’emploi et à l’entrepreneuriat des jeunes, ainsi que des actions de protection de la propriété intellectuelle et industrielle.
La Première ministre a, par ailleurs, mis en avant l’importance de la stabilité macroéconomique, de la mobilisation des recettes publiques et de la gestion de la dette. Ces leviers sont présentés comme des conditions nécessaires à la création d’un environnement favorable à l’investissement et à la création d’emplois.
Le deuxième pilier, consacré à la protection du territoire national et à la sécurisation des personnes et de leurs biens, se voit attribuer 14.091 milliards de francs congolais, soit l’équivalent annoncé de 6,1 milliards de dollars américains.
Selon Judith Suminwa, ces crédits sont destinés à financer les secteurs de la défense, de la sécurité intérieure, de la stabilisation des communautés, de la justice et de la diplomatie.
Dans les domaines de la défense et de la sécurité intérieure, le Gouvernement entend renforcer la formation des forces de défense et de sécurité, améliorer leur équipement et leur soutien logistique, tout en assurant une meilleure prise en charge du personnel militaire et policier.
Cette orientation place la sécurité parmi les priorités budgétaires du Gouvernement, parallèlement aux objectifs de développement économique et social.
Au volet des recettes, la Première ministre a exposé les ambitions du Gouvernement en matière de pression fiscale. Elle a indiqué que l’objectif est d’atteindre, voire de dépasser, d’ici à 2035, la moyenne de l’Afrique subsaharienne, estimée à 17 %.
Consciente des interrogations que cette ambition peut soulever quant à la capacité des administrations financières à mobiliser les recettes attendues, Judith Suminwa a défendu une stratégie reposant sur l’élargissement de l’assiette fiscale, une meilleure identification des contribuables, la lutte contre la fraude et le renforcement du recouvrement.
La modernisation des administrations financières figure également parmi les mesures annoncées. Le Gouvernement entend intensifier la campagne de civisme fiscal, notamment en vue de généraliser la facture normalisée pour améliorer le recouvrement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).
À ces mesures s’ajoutera le renforcement des contrôles fiscaux et douaniers. La Première ministre a notamment évoqué l’acquisition de scanners et de spectromètres, ainsi que la poursuite de l’installation de ponts-bascules dans les principaux bureaux de douane frontaliers.
Ces équipements doivent contribuer à améliorer les contrôles, à limiter les pratiques frauduleuses et à sécuriser les recettes de l’État.
À travers la présentation du projet de loi de finances 2026, le Gouvernement met en avant une double priorité : financer les programmes de développement et de sécurité, tout en renforçant les capacités de mobilisation des ressources publiques.
La réalisation de ces objectifs dépendra notamment de la capacité des administrations financières à accroître les recettes, de l’efficacité des mécanismes de contrôle et de la bonne exécution des crédits prévus.
La présentation et la défense du texte devant les députés nationaux constituent ainsi une étape importante du processus budgétaire. Les échanges parlementaires devront permettre d’examiner les choix opérés par l’exécutif, les moyens affectés aux priorités nationales et les conditions de leur mise en œuvre.
Le projet de loi de finances 2026 s’inscrit, selon les orientations exposées par Judith Suminwa, dans une démarche visant à concilier création d’emplois, amélioration des conditions de vie, sécurisation du territoire et renforcement des finances publiques.
HERVÉ KABWATILA




























































