Le partenariat stratégique entre la République démocratique du Congo et les États-Unis franchit une nouvelle étape. Réunis jeudi 5 novembre 2026 à Paris, les représentants des deux pays ont évalué l’avancement des principaux projets économiques inscrits dans leur accord bilatéral, avec pour objectif de passer progressivement des engagements aux investissements concrets.
Le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a coprésidé, jeudi 5 novembre 2026 à Paris, la deuxième réunion du Comité de pilotage conjoint de l’Accord de partenariat stratégique entre la République démocratique du Congo (RDC) et les États-Unis. Cette rencontre a permis aux deux délégations d’examiner l’état d’avancement des dossiers prioritaires et de définir les prochaines étapes de leur mise en œuvre.
Au centre des discussions figuraient trois axes majeurs de coopération : le Corridor de Lobito, le projet hydroélectrique Grand Inga et les initiatives liées aux minerais critiques. Ces projets occupent une place importante dans la stratégie de coopération économique entre Kinshasa et Washington, notamment en matière d’infrastructures, d’approvisionnement en ressources stratégiques et de développement énergétique.
Les échanges ont notamment porté sur les progrès réalisés dans le développement du Corridor de Lobito, une infrastructure de transport destinée à améliorer la connectivité régionale et à faciliter l’acheminement des ressources minières vers les marchés internationaux, à travers l’Angola.
Le projet Grand Inga a également figuré parmi les priorités examinées. Considéré comme un potentiel levier de développement énergétique pour la RDC, ce programme pourrait contribuer à renforcer les capacités de production électrique du pays et à soutenir, à terme, son industrialisation.
La coopération autour des minerais critiques a, pour sa part, constitué un autre volet important des discussions. Dans un contexte de compétition internationale pour l’accès aux ressources stratégiques, la RDC entend consolider sa position dans les chaînes d’approvisionnement tout en recherchant une meilleure valorisation économique de ses ressources naturelles.
Au-delà de l’exploitation et de l’exportation des ressources minières, les autorités congolaises souhaitent donner à ce partenariat une portée économique plus large.
Pour Kinshasa, les investissements américains attendus doivent contribuer au développement des infrastructures, à la transformation industrielle et à la création d’emplois. L’objectif affiché est de renforcer les capacités productives nationales afin que les retombées de la coopération bénéficient davantage à l’économie congolaise.
Cette orientation traduit la volonté du gouvernement de ne pas limiter le partenariat à la sécurisation des approvisionnements en minerais critiques, mais de l’inscrire dans une dynamique de transformation structurelle de l’économie nationale.
La question sécuritaire a également occupé une place importante dans les préoccupations congolaises. Daniel Mukoko Samba a insisté sur la nécessité de garantir la paix, la sécurité et le respect de l’intégrité territoriale de la RDC.
Ces éléments sont présentés par Kinshasa comme des conditions essentielles à la mobilisation des capitaux et à la réalisation des investissements envisagés. Le gouvernement considère en effet que la stabilité du pays constitue un facteur déterminant pour le développement des projets économiques de grande envergure.
Cette préoccupation donne une dimension supplémentaire au partenariat entre les deux pays, dont les enjeux dépassent désormais le seul cadre commercial et minier.
La réunion de Paris a également permis d’aborder les mécanismes de coordination technique, les prochaines échéances et les conditions nécessaires à la concrétisation des investissements.
Selon les informations communiquées par le ministère congolais de l’Économie nationale, les deux parties ont convenu de mettre en place un groupe technique conjoint qui se réunira chaque mois, de novembre 2026 à avril 2027, afin de préparer la prochaine réunion du Comité de pilotage. La Banque mondiale, déjà impliquée dans la préparation du projet Inga 3, doit également contribuer à la facilitation des échanges et à la mobilisation des partenaires.
L’enjeu sera désormais de traduire les orientations retenues en décisions opérationnelles, en mécanismes de financement et en projets effectivement exécutés.
Pour la RDC, le défi consiste à faire du partenariat avec les États-Unis un instrument de développement économique durable, capable de renforcer les infrastructures, d’accroître les capacités énergétiques et industrielles et de générer des emplois.
Au-delà des déclarations d’intention, les prochaines étapes de mise en œuvre permettront de mesurer la capacité des deux partenaires à transformer leurs engagements stratégiques en résultats concrets pour l’économie et la population congolaises.
HERVÉ KABWATILA



























































