Le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, a ouvert ce jeudi 22 janvier 2026 un atelier national sur la restauration de l’autorité de l’État dans la partie Est de la République démocratique du Congo (RDC). Prévu du 22 au 23 janvier 2026 dans la commune de Lingwala à Kinshasa, cet événement rassemble des acteurs clés pour valider une feuille de route opérationnelle visant à renforcer la présence étatique dans une région marquée par des défis sécuritaires persistants.
Dans son discours d’ouverture, le ministre Shabani a souligné que cet atelier s’inscrit dans le cadre de principes généraux, notamment la reconnaissance qu’une paix durable est indispensable à la construction d’une nation unie, prospère et sécurisée. Faisant référence à la Constitution de la RDC, à la Charte de l’Union africaine, à la Charte des Nations unies et au droit international, mais aussi à l’accord de paix signé entre la RDC et le Rwanda ainsi que l’accord de Doha avec les représentants du M23-AFC et il a réaffirmé l’engagement à résoudre les conflits par des moyens pacifiques, afin de protéger les populations civiles.
« Et enfin, la réouverture imminente des forces frontalières, susceptible de provoquer un afflux massif des personnes, alors que la police nationale et la direction générale de l’immigration doivent encore être pleinement développées. Mesdames et messieurs, face à cette situation, le gouvernement, sous le leadership de Son Excellence Madame la Première ministre, a fait le choix de l’anticipation, de la coordination et de l’action. C’est dans ce cadre que le ministère de l’Intérieur, en sa qualité de coordonnateur de la restauration de l’autorité de l’État, a élaboré un projet de feuille de route nationale, comme plan opérationnel de la restauration progressive de l’autorité de l’État dans cette partie du territoire national, visant à coordonner les opérations sécuritaires et à garantir la protection des personnes et de leur vie, à assurer le retour effectif des autorités administratives et des services publics, et enfin à rétablir le contrôle de l’État aux frontières et sur l’ensemble des territoires de l’État », a déclaré Jacquemin Shabani.
Il a ajouté que cet atelier constitue une étape décisive, non pas pour réfléchir indéfiniment, mais pour valider, opérationnaliser et budgétiser les actions. « Je tiens à souligner à votre attention que le système des Nations unies en RDC, à travers son coordonnateur humanitaire résident, a exprimé son rôle d’accompagner les efforts du gouvernement, notamment à travers l’approche « paix, conflit et économie », en faveur de nos populations en souffrance. Le partenariat international vient ensuite pour nous harmoniser et soutenir la mise en œuvre d’un strict respect de notre souveraineté. C’est pourquoi cet atelier commence par les structures de service public, avant toute harmonisation avec les partenaires du gouvernement. Au cours de ces travaux, nous attendons la validation de la feuille de route nationale de restauration de l’autorité de l’État pour l’Est, et cela en urgence, puis dans le reste des villes et territoires en vue des élections. Nous attendons aussi de vous la définition claire des rôles et responsabilités de chaque ministère, chaque service, chaque acteur. Nous attendons de vous l’élaboration d’un plan opérationnel chiffré, conforme aux instructions de Son Excellence la Première ministre, et enfin la mise en place d’un mécanisme de suivi, d’évaluation et d’accompagnement. »
De son côté, Jean-Robert Tshimanga Musungayi, secrétaire général du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, a contextualisé l’atelier en soulignant les défis sécuritaires, administratifs et humanitaires dans l’Est du pays. « Cet atelier se tient dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, administratifs et humanitaires persistants, particulièrement dans l’est de notre pays. Et plus récemment dans la ville d’Uvira, où les événements récents ont rappelé la nécessité d’une action rapide, coordonnée et résolument étatique. La restauration de l’autorité de l’État ne se limite pas à une présence sécuritaire. Elle implique également le retour effectif des institutions, le fonctionnement normal des services publics, le contrôle du territoire et des frontières ainsi que la réaffirmation de la souveraineté nationale », a-t-il déclaré.
L’atelier vise également à faciliter le retour volontaire et digne des réfugiés qui ont fui les conflits dans les pays voisins, poussés par les rebelles du M23-AFC, soutenus selon certaines sources par le gouvernement rwandais. Toutefois, la situation sécuritaire demeure tendue dans l’Est de la RDC, malgré le retrait récent des rebelles du M23-AFC à Uvira.
HERVÉ KABWATILA






























































