Plus de 123.200 sépultures seraient aujourd’hui portées disparues au cimetière de Kintambo, situé au centre de Kinshasa, en République démocratique du Congo. L’information a été rendue publique ce vendredi 13 février 2026 par un responsable de l’Assemblée provinciale de Kinshasa à l’issue d’une mission d’information et de contrôle.
Selon Steve Mulumba, président de la commission Environnement, Aménagement du territoire et Développement durable de l’Assemblée provinciale de Kinshasa (APK), ces disparitions seraient la conséquence de décennies d’inhumations réalisées par superposition.
« Les enterrements ont continué pendant 44 ans. Durant toutes ces années, les inhumations se sont faites par superposition, c’est-à-dire en enterrant de nouveaux corps au-dessus d’anciennes sépultures. Cette pratique a progressivement effacé les traces des défunts précédemment enterrés. Aujourd’hui, on peut estimer que plus de 123.200 corps ont ainsi disparu, devenus introuvables à cause de ces superpositions successives », a déclaré Steve Mulumba.
D’après les conclusions préliminaires de la mission, les inhumations par superposition se seraient poursuivies pendant plus de quatre décennies, sans système fiable d’identification ou de cartographie des tombes. Cette situation aurait conduit à la perte progressive des repères physiques permettant de localiser les sépultures antérieures.
Le cimetière de Kintambo, l’un des plus anciens de la capitale congolaise, fait face depuis plusieurs années à une saturation avancée, conséquence de la croissance démographique rapide de Kinshasa, mégapole de plus de 15 millions d’habitants.
La disparition de ces sépultures soulève des préoccupations d’ordre administratif, juridique et social. Pour de nombreuses familles, l’impossibilité de retrouver les tombes de leurs proches représente un traumatisme supplémentaire et pose la question de la gestion et de la conservation des espaces funéraires publics.
La commission parlementaire provinciale indique poursuivre ses investigations afin d’établir les responsabilités et de formuler des recommandations aux autorités compétentes.
Parmi les pistes évoquées figurent l’assainissement du site, la mise en place d’un système de numérisation des registres funéraires et une réorganisation de l’espace du cimetière.
HERVÉ KABWATILA































































