À Lubumbashi, la tension est à son comble autour du « passif social » de la Société Nationale des Chemins de fer du Congo (SNCC SA). Accusée de priver plus de 4 000 anciens agents de leurs décomptes finaux, la haute direction brise l’omerta et livre une plaidoirie technique sans concession : le problème n’est pas un manque de volonté, mais une asphyxie financière historique héritée et un besoin urgent de réformes structurelles avec l’appui de l’État.
Un héritage financier asphyxiant : « On ne peut pas distribuer ce que l’on n’a pas» à indiquer le Directeur Général Fabien Mutomb
Pour la Direction generale, le nœud du problème réside dans l’effondrement historique de la production ferroviaire, entraînant une baisse drastique des ressources financières de l’entreprise. La dette sociale accumulée s’étend sur plusieurs décennies de gestion.
La direction rappelle ses démarches constantes pour obtenir le décantonnement de fonds bloqués (près de 6 millions USD) dans les banques commerciales, une enveloppe qui permettrait de désintéresser immédiatement plusieurs vagues de retraités.
Par ailleurs, sans une relance agressive du réseau, les recettes actuelles peinent déjà à couvrir les charges opérationnelles immédiates.
Le rappel des efforts consentis : La preuve par les chiffres
Dans un élan de solidarité et d’objectivité, en 2021, une enveloppe importante de 4,5 millions de dollars américains avait été débloquée pour payer l’intégralité des décomptes finaux de 255 premiers pensionnés. elle a mis aussi en avant la signature d’accords spécifiques avec la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) pour régulariser les arriérés de cotisations et faciliter la prise en charge directe des pensions de retraite.
En outre, les récents contrats de sous-traitance, notamment sur le corridor de Lobito, visent précisément à injecter des capitaux frais pour moderniser l’outil de production et générer les marges nécessaires au paiement de la dette sociale.
L’appel au secours de l’État : Vers la création d’un Fonds Social
La direction de la SNCC SA réaffirme qu’une entreprise dont les deux tiers du personnel (environ 3 695 agents sur 5 781) sont éligibles à la retraite ne peut pas supporter seule ce fardeau sans un plan de sauvetage national.
La solution définitive ne viendra pas de la trésorerie courante de la société, mais de la mise en œuvre accélérée du Fonds Social pour la SNCC proposé au niveau gouvernemental. Ce mécanisme institutionnel reste le seul levier capable de solder définitivement la dette des retraites, tout en permettant enfin le rajeunissement indispensable des effectifs ferroviaires.
JAMES KABWE



























































