À la suite des violences persistantes dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), des milliers de citoyens congolais ont trouvé refuge dans les pays voisins, notamment le Burundi et la Tanzanie. Selon la ministre des Affaires sociales, Ève Bazaïba, qui a récemment conduit une mission gouvernementale dans ces deux nations, environ 250 000 Congolais se sont installés au Burundi, où ils font face à des conditions de vie précaires.
Dans un entretien exclusif accordé à la presse étrangère ce mardi 20 janvier 206, la ministre a souligné la gravité de la situation, décrivant ces déplacés comme des victimes directes des hostilités. » C’est une tragédie humaine, c’est une désolation. Moi-même, je me sens révoltée de voir nos compatriotes souffrir ainsi parce qu’ils n’ont pas fui la République démocratique du Congo à cause de la misère ou des problèmes climatiques, ils ont fui le pays à cause des hostilités. Ils sont victimes de l’agression rwandaise perpétrée par les supplétifs M23 « , a-t-elle déclaré avec émotion.
Parmi les réfugiés burundais, Mme Bazaïba a précisé que l’on compte environ 30 000 enfants, dont 2 200 sont non accompagnés et âgés de 3 à 14 ans. Ces populations sont réparties dans sept sites d’accueil, où les conditions sanitaires, alimentaires et sécuritaires restent préoccupantes. La ministre a insisté sur le fait que ces déplacés ne sont pas des migrants économiques, mais des personnes contraintes à l’exode par les conflits armés qui ravagent les provinces orientales de la RDC, impliquant notamment le groupe rebelle M23, accusé d’être soutenu par le Rwanda.
La mission gouvernementale, menée par Ève Bazaïba, visait à évaluer les besoins humanitaires et à coordonner l’aide internationale. Selon des sources onusiennes citées par la ministre, la Tanzanie accueille également un nombre significatif de réfugiés congolais, bien que les chiffres exacts n’aient pas été détaillés lors de cette visite. L’Organisation des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a confirmé que la crise en RDC-Est, marquée par des affrontements entre forces gouvernementales, groupes armés et interventions étrangères présumées, a exacerbé le déplacement de populations civiles.
Les autorités congolaises appellent à une intervention urgente de la communauté internationale pour mettre fin aux hostilités et assurer le retour sécurisé des déplacés. « Cette situation ne peut plus durer ; nos enfants paient le prix fort d’une guerre qui n’est pas la leur « , a conclu la ministre, appelant à une pression diplomatique accrue sur les acteurs impliqués.
Ce membre du gouvernement Suminwa a laissé entendre avoir accueilli 87 000 Congolais, dont 50 000 enfants, ayant fui la guerre dans l’est de la RD Congo.
» La dernière vague des Congolais en Tanzanie, c’est 9 800 ; on arrondit à 10 000. Dans les 87 000, vous avez 50 000 enfants de 0 à moins de 18 ans. À notre présence d’ailleurs, il y a eu 28 naissances le même jour. Vous avez des Congolais en rupture scolaire, en rupture d’éducation et la vie n’est pas normale. Au Burundi, la RDC se trouve être le premier donateur. Et c’est un devoir pour nous, parce que ce sont nos compatriotes. Quand bien même nous avons dérogé à la règle, car, par principe, en droit humanitaire international, le pays d’origine n’intervient pas directement pour ses ressortissants quand ils ont le statut de réfugiés. Mais en situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle « , a-t-elle souligné.
HERVÉ KABWATILA































































