En République démocratique du Congo, la persistance de la crise sécuritaire et ses conséquences dans la région orientale obligent les acteurs impliqués, notamment l’opposition politique, l’opposition armée conduite par l’AFC-M23, la société civile et le pouvoir en place, à se réunir pour faire taire les armes et soulager une population qui a trop souffert.
Malgré la signature d’un accord de paix avec le Rwanda sous la médiation des États-Unis et d’un accord avec l’AFC-M23 par l’intermédiaire du gouvernement du Qatar, la paix tarde toujours à revenir dans la région. Au contraire, la situation sécuritaire s’est aggravée dans les deux provinces du Kivu, poussant des milliers de Congolais à fuir vers des pays voisins, notamment le Burundi et la Tanzanie.
Vers un retour à la solution africaine ?
Washington et Doha semblent avoir échoué, malgré eux, à faire respecter les engagements pris par les parties impliquées dans le conflit dont ils sont les parrains. Cet échec se traduit par la poursuite des violences sur les lignes de front avec le déploiement de nouveaux bataillons de l’armée rwandaise au Sud-Kivu en prévision d’un nouvel assaut.
Face à cette impasse et à ces initiatives peu concluantes, le Président de la RDC, Félix Tshisekedi, semble désormais privilégier une réponse « africaine », plaçant Luanda au cœur des initiatives en cours de préparation pour un éventuel dialogue.
En effet, depuis la résurgence de la rébellion ayant pris le contrôle de plusieurs villes stratégiques du Nord et Sud-Kivu, le gouvernement congolais a toujours opté pour le processus de Luanda, dans le cadre bilatéral avec le Rwanda et de Nairobi avec tous les groupes armés actifs, y compris le M23. Cependant, le processus de Luanda a échoué lorsque le président rwandais s’est, contre toute attente, absenté à une réunion clé, tandis que le processus de Nairobi a été perturbé par les tensions entre Kinshasa et la Communauté d’Afrique de l’Est concernant le mandat des forces militaires déployées dans l’est.
Depuis lors, les parties naviguent entre Washington et Doha, tandis que le Président congolais se tourne vers l’Angola, qui assume la présidence de l’Union africaine.
Le Chef de l’État congolais, Félix Tshisekedi, s’est rendu à deux reprises à Luanda, les 4 et 8 janvier 2026, pour discuter avec son homologue angolais, João Lourenço, facilitateur désigné du processus de paix.
Selon des sources officielles, ces rencontres visaient à relancer les discussions et à explorer des pistes de désescalade durable dans l’est congolais.
Alors que des voix se lèvent pour dénoncer la multiplication d’initiatives, Kinshasa rassure : Il ne s’agit pas d’une nouvelle initiative distincte.
Élargir l’initiative de paix ou ne pas frustrer Doha?
Dans cette optique, le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, cheikh Mohammed bin Abdulrahman bin Jassim Al-Thani, a eu un échange téléphonique, samedi, avec le ministre des Relations extérieures de l’Angola, Tete Antonio.
D’après le Qatar, les deux personnalités ont discuté des moyens de promouvoir une solution pacifique entre la RDC et le Rwanda.
Au cours de cette discussion, le chef de la diplomatie qatarie a réaffirmé la position « inflexible » de son pays, appelant à la résolution des conflits par le dialogue et des moyens pacifiques, ainsi qu’au respect des principes du droit international pour renforcer la stabilité, la paix et la sécurité mondiales.
En amont à cette initiative angolaise, l’émir du Qatar Tamim Bin Hamad avait effectué, en novembre 2025? une visite d’Etat à Kigali puis à Kinshasa.
L’Angola fait son retour sur la scène après s’être retiré de son rôle de médiateur dans le conflit de l’Est de la RDC en mars 2025. Luanda justifiait ce retrait par l’échec des négociations, les interférences externes et le besoin de se concentrer sur ses priorités en tant que président de l’Union africaine (UA).
Mont Carmel NDEO































































