L’incertitude grandit au sein de la classe politique congolaise quant à la tenue effective du dialogue national dans les délais initialement envisagés. Alors que les consultations préliminaires laissaient présager une accélération du processus, l’absence prolongée des ordonnances présidentielles indispensables à la structuration du comité préparatoire plonge le calendrier dans une impasse technique et politique.
Pour que le dialogue national quitte le stade des intentions et entre dans sa phase matérielle, la signature d’ordonnances par le chef de l’État est un préalable juridique obligatoire. Ces textes doivent officiellement définir le mandat exact du comité de suivi et de préparation, deuxiement , la clé de répartition des sièges entre la majorité, l’opposition et la société civile, et enfin, Le budget alloué aux différentes commissions de travail.
Faute de ces actes administratifs, les acteurs politiques se retrouvent dans l’impossibilité de désigner formellement leurs délégués, bloquant ainsi toute avancée concrète sur le terrain.
Ce retard alimente les spéculations et exacerbe les tensions entre les différentes forces vives du pays. Du côté de l’opposition, plusieurs voix s’élèvent déjà pour dénoncer une « stratégie de l’usure » ou un manque de volonté politique réelle de la part du pouvoir en place. Certains redoutent que ce flou artistique ne serve à imposer un agenda unilatéral au dernier moment.
Au sein de la mouvance présidentielle, on temporise en évoquant la nécessité de bâtir un consensus solide en amont pour éviter les erreurs des forums passés. Les proches du pouvoir rappellent que la mise en place d’un tel dispositif exige des réglages minutieux pour garantir l’inclusivité de toutes les sensibilités.
Pendant que les discussions de coulisses s’éternisent, le temps presse. Les observateurs nationaux et internationaux s’accordent à dire que chaque jour de perdu compromet la viabilité du calendrier global. Si les ordonnances ne sont pas signées dans les plus brefs délais, le dialogue national risque de subir un report forcé, ouvrant la voie à une nouvelle période d’instabilité politique dont la RDC se serait bien passée.
JAMES KABWE




























































