Les conditions posées par le président de la République, Félix Tshisekedi, pour engager un dialogue national suscitent des remous au sein de l’opposition congolaise.
Après Moïse Katumbi et Delly Sesanga et les animateurs du mouvement « Sauvons la RDC », le président du parti Alliance pour le Changement (ACh), Jean-Marc Kabund a battu en brèche l’approche de l’actuel Chef de l’État.
« Il est politiquement incorrect qu’un pouvoir contesté puisse se choisir ses interlocuteurs, fixer les règles de jeu et les lignes rouges à ne pas franchir, de manière unilatérale. Cela est un monologue. C’est pour cette raison que nous rejetons avec force un dialogue défini unilatéralement, selon des critères arrêtés par le pouvoir seul. La paix ne se convoque pas comme un meeting. Elle se construit dans l’équilibre, dans l’inclusivité et dans la légitimité », a déclaré Jean-Marc Kabund lors d’une déclaration politique faite ce samedi.
L’ancien président intérimaire du parti présidentiel, UDPS, a également mis en garde contre la tentation d’ignorer les revendications de l’opposition, affirmant que sans un véritable consensus, la RDC demeurera vulnérable aux ingérences extérieures et aux ambitions de balkanisation.
Dans cette optique, l’ancien deuxième vice-président de l’Assemblée nationale a exigé la libération des prisonniers politiques, le retour des exilés politiques, la cessation des arrestations arbitraires et la protection des libertés fondamentales.
Selon lui, ces préalables visent à instaurer un climat de confiance propice à la réussite dudit dialogue.
Dans la foulée, Kabund a insisté sur la participation des acteurs armés notamment l’AFC-M23, principal acteur du conflit armé qui secoue l’est du pays.
Il a rappelé que le gouvernement congolais négocie actuellement avec l’AFC-M23 dans le cadre du processus de Doha, sous les auspices de l’Etat Qatari.
« Il serait incompréhensible que nous nous réunissions à Kinshasa pour parler de paix dans l’Est sans l’AFC-M23, qui est l’un des principaux perturbateurs de cette paix. D’ailleurs nous ne comprenons pas la logique du régime Tshisekedi consistant à négocier avec l’AFC-M23 en aparté et refuser sa participation au dialogue inclusif qui a plus de légitimité », a-t-il conclu.
Alors que le président Tshisekedi a annoncé que ce dialogue sera organisé par les institutions de la République, le président de l’A.Ch préconise une facilitation neutre.
« :Nous ne participerons qu’à un dialogue inclusif conduit par un facilitateur neutre », a-t-il argué.
Lors d’une rencontre avec le corps diplomatique accrédité à Kinshasa, Félix Tshisekedi, s’est prononcé en faveur d’un dialogue national inclusif tout en traçant les lignes rouges. Il s’agit notamment de la tenue de ce dialogue sur le territoire congolais, le respect les institutions établies et l’exclusion des auteurs des crimes dans l’est du pays.
Mont Carmel NDEO






























































