Plusieurs représentants des principales confessions chrétiennes, des parlementaires ainsi que diverses autorités ont pris part, ce samedi 3 octobre, au stade Tata Raphaël, à Kinshasa, à la prière solennelle marquant la clôture du « Dialogue spirituel pour la Nation ».
La cérémonie, conduite par l’archevêque Évariste Ejiba Yamapia, responsable de l’Église de Réveil du Congo (ERC), a notamment été marquée par un appel en faveur d’un dialogue national conduit dans la paix, l’écoute et le respect mutuel. Une démarche présentée comme allant dans le sens de l’initiative portée par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
La présence de représentants de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC) revêt une dimension particulière dans le contexte actuel. Ces deux organisations chrétiennes ont, sur la question du dialogue national, exprimé des approches qui ne coïncident pas nécessairement avec celle défendue par Mgr Évariste Ejiba Yamapia.
Malgré ces divergences, des représentants de la CENCO et de l’ECC ont participé à la cérémonie de clôture.Leur présence a donné à l’événement une portée à la fois religieuse et institutionnelle, dans un pays où les principales confessions chrétiennes jouent traditionnellement un rôle important dans la vie sociale et publique.
Au cours de son intervention, Mgr Évariste Ejiba Yamapia a insisté sur la nécessité de privilégier l’écoute et le respect mutuel dans la recherche d’une issue aux tensions nationales. Son appel intervient alors que le débat sur l’opportunité et les modalités d’un dialogue national demeure au centre de la vie politique congolaise.
Des représentants de différentes Églises, notamment de l’Église du Christ au Congo (ECC) et de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), y ont assisté aux côtés de députés, de sénateurs et de plusieurs autorités.
Prenant la parole devant la foule, l’archevêque Ejiba Yamapia a inscrit la démarche dans le soutien au processus engagé par le chef de l’État.
« Notre démarche s’inscrit dans l’optique de soutenir la vision du chef de l’État, Félix Tshisekedi Tshilombo, qui veut mettre toutes les couches sociales sur la même table afin de trouver une solution pour sortir notre cher beau pays des mains de nos ennemis depuis plus de 30 ans », a-t-il déclaré. « Beaucoup de Congolais sont morts, il faut que cela s’arrête pour voir comment nous pouvons développer notre pays », a-t-il ajouté.
Le « Dialogue spirituel pour la Nation » avait été lancé le 26 septembre à Kinshasa. Son organisation s’inscrit dans un contexte où les responsables religieux congolais sont régulièrement appelés à se prononcer sur les enjeux qui touchent à la cohésion nationale et à la stabilité du pays.
Une semaine plus tôt, lors de la messe d’ouverture de la rentrée pastorale de l’archidiocèse de Kinshasa, le cardinal Fridolin Ambongo avait, pour sa part, abordé une autre question touchant à la vie des communautés chrétiennes : l’influence croissante de certaines pratiques issues des milieux charismatiques et des Églises de réveil dans les communautés catholiques.
Dans son homélie, le cardinal avait appelé les prêtres de son archidiocèse à préserver l’identité et la tradition liturgiques propres à l’Église catholique. Il avait notamment mis en garde contre l’adoption de méthodes d’animation et de prière inspirées des pratiques des Églises de réveil.
Ces prises de parole interviennent dans un paysage religieux marqué par la diversité des expressions chrétiennes. En République démocratique du Congo, les communautés catholiques, protestantes, évangéliques et de réveil coexistent depuis plusieurs décennies, tandis que les pratiques charismatiques ont progressivement gagné en visibilité.
Le Renouveau charismatique catholique constitue notamment l’un des espaces où certaines expressions de spiritualité charismatique se sont développées au sein de l’Église catholique, tout en demeurant inscrites dans son cadre doctrinal et liturgique. La cérémonie organisée au stade Tata Raphaël illustre ainsi la coexistence de sensibilités religieuses différentes autour d’un même appel à la paix et à la cohésion nationale.
Elle intervient également dans un contexte où les responsables des différentes confessions chrétiennes continuent de débattre de leur rôle dans la recherche de solutions aux défis politiques et sociaux auxquels la RDC est confrontée.
HERVÉ KABWATILA




























































