La digitalisation du secteur de la justice constitue un levier important pour renforcer l’État de droit, améliorer le fonctionnement des juridictions et des services pénitentiaires, ainsi que restaurer la confiance des citoyens dans les institutions judiciaires. C’est le message porté jeudi à Kinshasa par l’ambassadeur de l’Union européenne (UE) en République démocratique du Congo (RDC), Douglas Darius Carpenter, à l’occasion du lancement officiel de la digitalisation des recettes judiciaires et de l’interconnexion des institutions judiciaires et pénitentiaires.
Prenant la parole lors de cette cérémonie, le diplomate européen a souligné que la transformation numérique de la justice ne devait pas être réduite à une simple modernisation technique, mais devait contribuer à améliorer concrètement la qualité du service public.
« Pour l’Union européenne, la digitalisation de la justice n’est pas seulement un chantier technique, c’est un levier concret pour renforcer l’État de droit, améliorer le fonctionnement quotidien des juridictions et des services pénitentiaires, et rendre le service public plus visible, plus traçable et digne de la confiance des citoyens », a-t-il déclaré.
À travers le projet d’appui à la digitalisation du secteur de la justice, l’Union européenne accompagne deux axes majeurs de réforme. Le premier concerne la digitalisation du système judiciaire et pénitentiaire, notamment à travers l’interconnexion des institutions concernées. Le second porte sur la numérisation de la perception des recettes relevant du ministère de la Justice.
Selon Douglas Darius Carpenter, ces deux volets visent à moderniser la gestion administrative et financière du secteur, tout en favorisant davantage de transparence et de traçabilité dans le fonctionnement des services judiciaires.
La digitalisation des recettes judiciaires représente notamment un enjeu de gouvernance publique, dans la mesure où elle pourrait contribuer à améliorer le suivi des paiements, à limiter les risques d’opacité dans la collecte des fonds et à renforcer les mécanismes de contrôle.
De son côté, l’interconnexion des institutions judiciaires et pénitentiaires ouvre la perspective d’une meilleure circulation de l’information entre les différents services, susceptible de faciliter le traitement des dossiers et la coordination des acteurs de la chaîne pénale.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte où la modernisation de l’appareil judiciaire demeure un défi majeur en RDC. La réussite de cette transformation dépendra toutefois de sa mise en œuvre effective, de la fiabilité des infrastructures numériques, de la formation des agents et de l’accessibilité des nouveaux outils dans les différentes juridictions du pays.
Au-delà du lancement officiel, l’enjeu sera donc de traduire ces ambitions en améliorations concrètes pour les institutions judiciaires et, surtout, pour les citoyens qui attendent un service public de la justice plus efficace, transparent et digne de confiance.
HERVÉ KABWATILA




























































