Lors d’un échange avec la diaspora congolaise en Russie, le 30 octobre, le président Félix Tshisekedi est revenu sur le dossier judiciaire impliquant l’opposant Prince Epenge, poursuivi dans l’affaire du décès de Manassé Lomboto. Le chef de l’État a défendu la thèse d’une mort consécutive à une maladie, tout en rejetant les accusations de tyrannie et de dictature portées contre son régime.
Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, s’est exprimé sur l’affaire Prince Epenge et le décès de Manassé Lomboto, militant de l’Action pour la démocratie et le développement au Congo (ADD Congo), lors d’un échange avec la diaspora congolaise en Russie, le 30 octobre.
Au cours de cette rencontre, le chef de l’État a soutenu que Manassé Lomboto était décédé des suites d’une maladie, rejetant ainsi la thèse défendue par l’opposition, qui évoque une mort liée aux violences survenues lors de la marche de la Coalition Article 64 (C64), le 15 septembre dernier à Kinshasa.
S’adressant indirectement à Prince Epenge, président de l’ADD Congo et porte-parole de Lamuka, Félix Tshisekedi a lancé : « Pourquoi veux-tu aller en Europe, viens expliquer tes mensonges ».
Cette sortie intervient alors que Prince Epenge fait l’objet de poursuites judiciaires pour propagation de faux bruits, en lien avec ses déclarations sur les circonstances du décès de Manassé Lomboto. L’opposant a été placé sous mandat d’arrêt provisoire le 27 octobre à Kinshasa-Gombe.
Abordant la question des libertés publiques et de la gestion des manifestations sous son mandat, Félix Tshisekedi a affirmé qu’aucun manifestant n’avait perdu la vie au cours d’une manifestation depuis son accession au pouvoir.
Le président congolais a également porté un jugement critique sur l’opposition politique, qu’il considère comme faible.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions politiques marqué par les contestations de l’opposition, notamment autour de la marche du 15 septembre et des circonstances du décès de Manassé Lomboto.
Le chef de l’État a également profité de cette rencontre pour répondre aux accusations de tyrannie et de dictature formulées par son prédécesseur, Joseph Kabila.
Félix Tshisekedi a rejeté ces accusations, en mettant en cause le bilan de l’ancien régime. Il a notamment accusé Joseph Kabila d’avoir fait tuer des chrétiens jusque dans les églises, ainsi que des adeptes du mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo.
Par cette contre-offensive verbale, le président Tshisekedi a ainsi renvoyé à son prédécesseur les critiques relatives à la gouvernance politique et au respect des libertés fondamentales en RDC.
Le décès de Manassé Lomboto demeure au centre d’une controverse entre le pouvoir et l’opposition. Selon l’ADD Congo et la coalition C64, le militant est décédé après avoir été victime de violences en marge de la manifestation du 15 septembre à Kinshasa. Les responsables de l’opposition ont notamment mis en cause des membres de la Force du progrès, une structure de jeunesse associée à l’UDPS.
De leur côté, des responsables du camp présidentiel ont défendu la thèse d’une mort consécutive à une maladie.
La dépouille de Manassé Lomboto ayant été conservée à la morgue du Centre hospitalier universitaire du Cinquantenaire dans le cadre de l’enquête judiciaire, les circonstances exactes de son décès restent un enjeu majeur du dossier.
Alors que Prince Epenge est poursuivi par la justice, les divergences autour de cette affaire continuent d’alimenter les tensions entre le pouvoir et l’opposition congolaise.
HERVÉ KABWATILA



























































