La ministre d’État, ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Ève Bazaiba Masudi, a lancé ce samedi un appel pressant à la mobilisation de la communauté nationale et internationale afin de renforcer la réponse humanitaire et sanitaire en République démocratique du Congo (RDC), confrontée à une crise multidimensionnelle aggravée par l’épidémie d’Ebola.
S’exprimant devant la presse congolaise, la ministre d’État a particulièrement attiré l’attention sur la situation alarmante dans la province de l’Ituri, actuellement considérée comme l’épicentre de l’épidémie de maladie à virus Ebola.
« Pour ne parler spécialement que de la province de l’Ituri, qui constitue aujourd’hui le lieu où se trouve la grande majorité des personnes atteintes de la maladie à virus Ebola, là où se trouve l’épicentre, c’est environ 1 million 150 mille personnes qui se retrouvent dans 69 sites de déplacés internes. C’est une situation très grave, très sérieuse, en sorte que, si jamais, dans ces sites il se trouve des cas d’Ebola, comme nous l’avons actuellement, il y a un danger que nous puissions enterrer au moins 1 000 personnes par jour », a-t-elle déclaré.
Selon Ève Bazaiba, cette situation sanitaire préoccupante s’inscrit dans un contexte plus large de crise humanitaire chronique qui frappe la RDC depuis plusieurs décennies. Elle a rappelé que les conflits armés récurrents demeurent la principale cause de vulnérabilité pour des millions de Congolais.
« Comme vous le savez, cela fait plusieurs décennies, notamment trois décennies, que la RDC est confrontée aux différentes formes de guerres d’agression et à d’autres conflits armés, qui constituent l’un des chocs les plus virulents à l’origine des crises humanitaires. Plus ou moins 15 millions de Congolais ont besoin d’une réponse humanitaire d’urgence », a souligné la ministre.
Détaillant l’ampleur des besoins humanitaires, elle a indiqué que près de 60 % des personnes affectées subissent les conséquences directes de la guerre et de l’insécurité, tandis que 25 % sont touchées par les épidémies et pandémies. Les 15 % restants sont victimes des effets du changement climatique, notamment des catastrophes naturelles liées au réchauffement de la planète.
Pour la ministre d’État, l’épidémie d’Ebola et la crise humanitaire s’alimentent mutuellement, compliquant davantage les efforts de réponse.
« Malheureusement, le malheur ne venant pas seul, à côté de ces chocs, il y a celui des pandémies qui vient aggraver la situation humanitaire. Du coup, la RDC se trouve dans un cercle vicieux où Ebola vient aggraver la situation humanitaire, tandis que la situation humanitaire accroît les risques de propagation de cette maladie », a-t-elle expliqué.
L’appel de la ministre intervient alors que l’épidémie d’Ebola continue de susciter une vive inquiétude au niveau international. Le 17 mai dernier, deux jours après la déclaration officielle de l’épidémie en RDC, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé la flambée provoquée par la souche Bundibugyo comme une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI), après son extension vers l’Ouganda.
Selon l’OMS, la propagation géographique de la maladie et la forte mobilité des populations pourraient conduire à une sous-estimation de son ampleur réelle.
L’organisation souligne également plusieurs facteurs aggravants, notamment la fragilité du système de santé, le manque d’infrastructures sanitaires adaptées, les difficultés d’accès aux zones affectées par les conflits armés ainsi que l’absence de vaccin et de traitement spécifique contre cette souche du virus.
Malgré ces défis, les autorités congolaises continuent d’afficher leur détermination à contenir l’épidémie.
Elles mettent en avant les efforts engagés avec l’appui des partenaires nationaux et internationaux, tout en rappelant l’expérience acquise par la RDC dans la lutte contre Ebola. Le pays a déjà affronté et maîtrisé seize précédentes épidémies grâce à d’importantes opérations de riposte.
Face à l’ampleur de la crise actuelle, le gouvernement insiste sur la nécessité d’un soutien accru pour éviter une détérioration de la situation humanitaire et sanitaire, particulièrement dans les zones déjà fragilisées par les déplacements massifs de populations et l’insécurité persistante.
HERVÉ KABWATILA





























































